Keith Murdoch : l’homme qui choisit le bush

A l’occasion de la publication de son livre, le journaliste sportif néo-zélandais Norman Harris raconte comment il fut agressé par le pilier néo-zélandais Keith Murdoch. Le New Zealand Herald en profite pour revenir sur l’une des histoires les plus sombres des All Blacks. Synthèse.

Le contexte
Dans son livre, Norman Harris présente les All Blacks de 1972 en partance pour une tournée européenne comme un groupe assez repoussant avec leurs chapeaux mexicains et leurs moustaches à la Zapatta. Entre eux, ils aimaient à s’appeler la Mafia. Pour renforcer cette image, ils s’encourageaient à être aussi agressifs et grossiers que possible. Ce comportement que Norman qualifie d’enfantin décontenança leurs hôtes et fit de ces All Blacks de bien pauvres ambassadeurs pour la Nouvelle-Zélande.

Au départ de cette tournée, Norman Harris avait pourtant écrit un article sur Ian Kirkpatrick, le capitaine de cette équipe, en le présentant comme le digne représentant de la tradition All Blacks : sérieux, vêtu du costume habituel des Blacks, il ne paraissait pas impressionné par la tâche qui l’attendait malgré son jeune âge (26 ans).

Mais l’apparence était trompeuse car ni lui, ni le manager Ernie Todd ne semblaient suffisamment forts pour imposer leur autorité sur cette « mafia ». Rapidement, les journalistes rapportèrent que les hôtels se félicitaient quand ces All Blacks les quittaient ou que des « f*** off » accompagnaient chaque demande des chasseurs d’autographes.

L’altercation entre Norman Harris et Keith Murdoch
L’incident avec Norman Harris se produisit dans un hôtel au sud d’Edimbourg après le match contre les Scottish District. Le journaliste prenait un verre avec des confrères. Ils échangeaient leurs anecdotes sur cette sélection all black et la discussion s’engagea sur le cas de Keith Murdoch, le pilier de cette équipe dont la sélection avait été sujet à controverse en raison de son caractère instable.

C’est en allant récupérer la clé de sa chambre à la réception que Harris rencontra Murdoch. Sans raison apparente, il saisit le reporter par les cheveux et l’emmena violemment au sol, avant de s’éloigner.

L’affaire
Keith Murdoch se signala de plus belle façon quelques jours plus tard en signant un essai décisif lors de la victoire des All blacks face aux Gallois (19 à 16). Auteur d’une belle prestation et alors qu’il ne comptait que trois sélections, il semblait avoir signé un long bail avec les Blacks.

Tout bascula pour lui la nuit suivante lorsqu’ivre, il se rendit dans la cuisine de l’hôtel, l’Angel Hotel, où résidaient les All Blacks pour s’y faire un sandwich. Surpris par Peter Grant, un agent de sécurité, Murdoch s’emporta et le frappa violemment. Dès que l’affaire fut rendue public, la délégation néo-zélandaise décida de l’exclure du groupe et le renvoya au pays.

Récemment, Kirkpatrick reconnut qu’il aurait du soutenir plus fermement son partenaire. Il estimait que si l’équipe avait constitué un front plus soudé autour de Murdoch, la décision aurait pu être annulée et la vie de Murdoch aurait pris un cours bien différent.

Plutôt que d’affronter la disgrâce qui l’attendait en Nouvelle-Zélande, Murdoch descendit de son avion en Australie et décida de s’installer dans l’anonymat de l’arrière-pays. Le silence dont il s’est entouré depuis cette date n’a fait qu’accroître le mystère et fait de lui une figure énigmatique.

Epilogue
Deux ans plus tard, Terry McLean, le mentor de Norman Harris, s’était rendu en Australie pour y rencontrer Keith Murdoch et tenter sa chance pour faire la lumière sur cette affaire. Alors qu’il descendait du bus, il tomba nez à nez avec sa proie. Murdoch l’invita à remonter immédiatement dans le bus. Le regard menaçant de Murdoch incita McLean à s’exécuter.

Pour lire cet article (en VO) : New Zealand Herald

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Une réflexion sur “Keith Murdoch : l’homme qui choisit le bush

  1. Bariz dit :

    Keith Murdoch a même été mêlé (c’est le cas de le dire)à une affaire de meurtre sur un aborigène dans le bush australien. Il fut interrogé comme témoin, mais ne fut jamais inquièté.

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