Christian Labit : le sacré du printemps

Longtemps, la Coupe d’Europe ne fut qu’un amusement pour les joueurs français. Pour eux, comme pour les dirigeants et les supporters, le seul objectif restait le Brennus. Puis vient Christian Labit qui, sur la fin de sa carrière, en fit le théâtre de ses exploits.

« Je me suis franchement régalé en Australie avec les Bleus (…) Cela dit, ça n’aura jamais la saveur de ce que je vis chaque printemps au Stade Toulousain depuis bientôt sept ans »(1) . C’est ainsi que s’exprimait Christian Labit au printemps 2004 à la veille d’un nouveau quart de finale de Coupe d’Europe.

« Christiang ! Christiang ! »
Pour lui et tout le peuple toulousain, dans les années 2003-2004, le rituel était immuable. On se donnait rendez-vous au printemps pour un quart de finale de Coupe d’Europe au Stadium et, si le tirage leur prêtait chance, pour une éventuelle demi-finale. Le numéro huit toulousain se mettait rapidement en valeur par quelques charges rageuses en sortie de mêlée et tout le Stadium entonnait avec ardeurs des « Christiang ! Christiang ! » à l’adresse de son chouchou. A moins que ça ne soit les encouragements de ses supporters qui n’aient incité Labit à foncer tête baissée dans les défenses adverses.

La Coupe d’Europe l’a fait roi mais sur le tard. Avant cela, il s’est d’abord essayé au XIII du côté de Lezignan où il est né avant de passer à XV au moment de signer à Narbonne, son véritable club formateur et club de cœur. Il y gagne une coupe de France en 1991 et impose son style rude et physique à l’image du rugby audois, un style qui ne laisse pas insensibles les dirigeants toulousains qui le font signer en 1997.

C’est du côté des Sept Deniers que Labit va se bâtir un palmarès long comme le bras : vainqueur d’une nouvelle coupe de France en 1998, de deux championnats en 1999 et 2001 et bien sûr de deux coupes d’Europe en 2003 et 2005 (auxquelles on peut ajouter la finale perdue de 2004 contre les Wasps). En 1999, il se voit donner une première chance en équipe de France contre l’Ecosse pour la clôture du Tournoi des cinq nations mais l’expérience fut sans suite.

« Quel tempérament ! »
Pour beaucoup, Labit est un bon joueur de club mais n’a pas la stature internationale. Et même s’il cherche un numéro huit perforant dans son style, Bernard Laporte ne se résout à faire appel à ses services que par défaut. Il est d’abord convoqué en 2002 pour une tournée en Argentine et en Australie pour laisser le jeune Harinordoqui au repos. Il récidive l’année suivante en Argentine et en Nouvelle-Zélande et, faute de concurrence, embarque avec le groupe français pour la Coupe du monde australienne. « Avec son super état d’esprit, il est devenu un élément déterminant dans ce groupe, se justifiait alors Laporte. Il aime que ça vive, tout en restant détaché. Il doit donner plus de concentration dans le jeu, mais quel tempérament ! »

A défaut de briller sous la tunique bleue, c’est donc sur la scène européenne, à trente ans bien tassés, qu’il va se faire un nom. Jusqu’au bout de sa carrière en 2007, Labit a brillé dans cette compétition. Alors qu’il s’apprêtait à vivre une pré-retraite tranquille à Narbonne où il était revenu en 2005, il est viré en février 2007 pour une embrouille avec ses entraîneurs.

Dans les semaines qui suivent, les Saints de Northampton, à la peine en championnat mais toujours en lice en Coupe d’Europe, s’empresse de l’enrôler. Ils ne furent pas déçus. S’il n’empêcha pas la relégation en deuxième division anglaise, Labit s’illustra à Anoeta en quart de finale de H Cup face à Biarritz au point d’être ému « homme du match » et de contribuer grandement à l’élimination de Biarritz. Et c’est face aux Wasps en demi-finale qu’il vécut l’un des derniers frissons de rugbyman professionnel avant de raccrocher les crampons

(1) lestadepeugeot.com – 2004
(2) sud ouest – juillet 2003

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