Auckland blues 1996-1998 : le plein de super

Au milieu des années 1990, une nouvelle forme de rugby a vue le jour avec la création du Super 12. Les scores s’envolaient, les stades étaient pleins et les télévisions faisaient des affaires. Surtout quand les Auckland Blues jouaient…

« Je n’ai pas envie d’arrêter mais c’est tout comme. Quand je vois des trucs pareils, je me dis qu’on ne joue pas dans la même catégorie. » Ce 22 février 1997, Titou Lamaison est désabusé. Pourtant, il vient d’être sacré champion d’Europe avec Brive et s’apprête à vivre un Grand Chelem avec l’équipe de France.

« Qui n’a pas pris du plaisir à voir ce match ? Franchement il faudrait être aveugle. »

Mais cet après-midi là, dans une sorte de trophée des champions des deux hémisphères, il vient de subir la foudre face aux Néo-zélandais des Auckland Blues (11 à 47). Dans les tribunes du Stadium, Jean-Claude Skrela a quant à lui apprécié le spectacle : « Qui n’a pas pris du plaisir à voir de match ? Franchement il faudrait être aveugle. »

Succès populaire
En ce milieu des années 1990, les Blues d’Auckland sont d’abord le symbole d’un nouveau rugby, celui du Super 12. Créé en 1996 avec l’argent des télévisions de Rupert Murdoch, cette compétition fait le bonheur des spectateurs qui se ruent dans les stades. Le succès populaire est tel qu’en 1997, pour la première fois en Australie, les affluences des matchs de rugby union dépassent ceux de la rugby league (XIII).

Mais ce qui frappe surtout les esprits, surtout dans l’hémisphère nord, ce sont ces scores de basket. Pour exemple, en 1996, les Auckland Blues battent les Otago Highlanders 51 à 29 ou les Warathas 56 à 44 !

Ce festin de points et d’essais résulte de l’application de deux nouvelles règles à savoir l’autorisation de l’ascenseur en touche et l’obligation pour les flankers de rester liés à leur paquet d’avants tant que la mêlée n’est pas finie.  Ces nouvelles directives favorisent les attaques et la conservation du ballon, donc la multiplication des temps de jeu qui finissent par faire craquer les meilleures défenses.

« 15 joueurs généreux dans la lignée de ce que nous avons vu l’année dernière en coupe du monde avec les All Blacks, qui cherchent l’essai de partout. »

Et à ce jeu-là, les joueurs d’Auckland sont les meilleurs. « C’est merveilleux, s’enthousiasmait Lawrence Dallaglio à leur propos en 1996 ! 15 joueurs généreux dans la lignée de ce que nous avons vu l’année dernière en coupe du monde avec les All Blacks, qui cherchent l’essai de partout. »

Black in blue
En faisant référence aux All Blacks, Dallaglio ne se trompe pas puisqu’on les retrouve dans toutes les lignes de cette équipe des Blues. Sa première ligne n’est autre que celle de la sélection néo-zélandaise avec Craig Dowd  Sean Fitzpatrick et Olo Brown. Dans le pack, on retrouve également des joueurs comme les frères Brooke, Robin et Zinzan, ou Michael Jones.

Derrière, où tous les joueurs approchent ou dépassent le quintal, Carlos Spencer, Lee Stensness et Jonah Lomu sont également All Blacks. Les autres joueurs, tels Brian Lima, l’équarrisseur samoan, ou le Tongien et futur Montferrandais Jonny Ngauamo, ne sont pas non plus des inconnus. L’équipe est dirigée par un quasi inconnu, ancien directeur d’école, aux méthodes novatrices : Graham Henry.

Le règne d’Auckland
Mais les Auckland Blues n’ont rien d’une sélection. C’est une véritable équipe dont l’ossature a fait ses preuves depuis longtemps sur tous les terrains de Nouvelle-Zélande. Elle a défendu victorieusement à 61 reprises le vieux Ranfurly Shied de 1985 à 1995 (puis à six reprises en 1996 et 1997). Elle s’est surtout adjugée 11 NPC de 1982 à 1996 dont cinq consécutifs de 1985 à 1989 et quatre autres de 1993 à 1996.

Le Super 12 n’est que le prolongement de leurs exploits nationaux. Lors de la première édition, en 1996, les Blues terminent à la deuxième place de la phase régulière. (derrière les Australiens du  Queensland) avant d’atomiser successivement les Sud-africains du Northern Transvaal en demi-finale (48 à 11), puis ceux des Natal Sharks en finale (45 à 21). Lors de ces deux matchs, les hommes de Graham Henry ont inscrit la bagatelle de 14 essais !

En 1997, ils finissent à la première place de la phase régulière en ne concédant qu’une seule défaite. Ils font une nouvelle démonstration en demi-finale contre les Sharks 55 à 36 après avoir mené 45 à 5. La finale se joue à l’Eden Park d’Auckland sous la pluie. Ces conditions météos ne favorisent pas les grandes envolées et c’est donc avec leurs avants que les Blues firent la différences face aux ACT Brumbies (23 à 7).

Pour la 3ème édition du Super 12, les Auckland Blues rééditent leur performance de 1997 en terminant en tête de la phase de poule. EN demi, ils battent péniblement leurs compatriotes des Otago Highlanders (37 à 31). En finale, toujours sur leur terrain de l’Eden Park, Fitzpatrick et ses hommes subissent la loi des Canterbury Crusaders (13 à 20). C’est une passation de pouvoir entre les deux franchises néo-zélandaises et la fin de l’aventure pour Graham Henry qui s’apprête à prendre en main la sélection galloise.

Sources :
L’humanité du 24 février 1997 ; the independent du 13 avril 1996 ; the independent du 26 mai 1996 ; mail and guardian du 26 mai 1997

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