Ebbw Vale – Toulouse 1998 : Wild Wild Welsh

Laminés au match aller, les Steelmen d’Ebbw Vale avaient le couteau entre les dents au moment d’accueillir le Stade Toulousain. Bien aidés par un arbitrage des plus complaisants et par une ambiance pourrie, ils réussirent ce que beaucoup considérait comme impossible. Toulouse était qualifié mais avait perdu la Coupe d’Europe.

Par fois, il vaut mieux en rire qu’en pleurer. C’est ce qu’à dû se dire Frank Belot au matin du 8 novembre 1998 lorsqu’il s’adressa à  ses coéquipiers toulousains lors du petit déjeuner. « A quelle heure on joue ? Car je me réveille d’un drôle de cauchemar. » Filouterie des instances dirigeantes… Hostilité du public… Arbitrage plus que partial… tous ont encore en tête le scénario catastrophe du match de la veille.

L’homme invisible
Cela commence avant le match avec l’épisode Lee Stensness. Fraîchement débarqué de Nouvelle-Zélande, le All Black comptait bien débuter sous ses nouvelles couleurs avec ce match de H Cup au Pays de Galles. Le fax le qualifiant étant arrivé, l’affaire semblait en bonne voie ; il suffisait juste de trouver le délégué de l’ERC, M. Pickering, pour qu’il entérine cette qualification. Mais à 14 heure, ne parvenant par à mettre la main sur ce M. Pickering, les Toulousains décidèrent de ne pas prendre de risque et de ne pas aligner leur recrue. M. Pickering était pourtant bien présent au stade comme la suite des événements aller le montrer.

« Pour un traquenard, c’était un drôle de traquenard »

Murray show
Vint ensuite l’heure du match et le show de M. Murray, l’arbitre du match. Il siffla pas moins de 46 pénalités dans ce match dont 33 pour les seuls Toulousains ! 3 Toulousains allèrent se reposer 10 minutes à tour de rôle sur le banc de touche.

Pire ! Alors qu’il aurait du expulser un joueur gallois, c’est un Toulousain qui fit les frais de sa générosité. Une générale éclata peu avant la mi-temps après que le Gallois Llewellyn ait marché sur la tête de Fabien Pelous. Il fallait un coupable et pour M. Murray se devait être le pilier toulousain Vacheri qui passait par là.

Partialité
La seconde mi-temps aurait du être favorable aux Toulousains qui bénéficiaient désormais de l’appui du vent. Mais M. Murray en décida autrement. Il accorda tout d’abord un essai de pénalité aux Gallois sur la première mêlée écroulée des Français. Quelques semaines plus tôt, il n’avait pas bronché quand les joueurs de l’Ulster avaient répété ce stratagème à cinq reprises. Dans la foulée, il refusa trois essais aux Toulousains.

« On voudrait tuer la Coupe d’Europe qu’on ne s’y prendrait pas autrement »

Au final, les Gallois, qui avaient essuyé une belle déculottée quelques semaines plus tôt lors du match aller (16 à 108), l’emportaient 19 à 11. L’arbitre sortait du terrain sous une escorte policière renforcée, perturbant le retour au vestiaire des Toulousains qui devaient se protéger des jets de pierre de la part du public. Tournaire était accusé d’un mauvais geste à l’encontre de Ken McCartney, l’un des arbitres de touche. Un camion de police bloquait le départ du bus toulousain. « Pour un traquenard, c’était un drôle de traquenard » constatait Daniel Santamans, l’entraîneur adjoint des Stadistes.

La théorie du complot
L’affaire n’en resta pas là et l’on crut un moment que le Stade Toulousain allait être sanctionné, faisant ressurgir l’idée d’un complot anti-français de la part de Celtes confinés au rôle de faire-valoir dans cette Coupe d’Europe.

« Il y avait un évident parti-pris anti-français »

« Ce qui s’est passé est inadmissible, s’emportait René Bouscatel le président du Stade Toulousain. On équilibre par l’arbitrage la compétition parce qu’elle est favorable aux clubs français. On voudrait tuer la Coupe d’Europe qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Je suis désabusé et déçu. » Il était conforté dans son idée par son collègue castrais Pierre-Yves Revol qui ressortait une autre affaire gallois vieille de 3 ans. « En 10 ans de présidence, je n’ai jamais connu ça. C’est la seule fois où j’ai été amené à réagir envers un arbitre (…) Il y avait un évident parti-pris anti-français ».

Dans un souci d’apaisement, l’ERC ne sanctionna pas le Stade Toulousain (qui dut seulement s’acquitter des 30.000 francs de frais de procédure). Il est vrai que les Stadistes avaient suffisamment perdu dans l’affaire en laissant la première place de leur poule à la province d’Ulster contre laquelle il devait chuter quelques semaines plus tard en quart de finale.

[sources]
la dépêche du midi, 8, 9, 10 et 21 novembre 1998

Lire aussi
Ulster 1998-1999 : le rouge est mis

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