Stellenbosch : Springboks Institut

L’Université de Stellenbosch (dans la province du Cap) fut longtemps un des bastions de la culture afrikaan et par conséquent de l’Apartheid. Elle fut aussi le laboratoire du jeu « made in South Africa » et une formidable usine à Springboks.

Avant de passer à l’histoire et à la science politique, une petite leçon de mathématiques s’impose pour démontrer l’importance de l’université de Stellenbosch dans le rugby sud-africain. Jusqu’à la fin du 20e siècle, on évaluait à 20% le nombre de Springboks à avoir fait leurs études à Stellenbosch [1]. En 2004, on dénombrait 149 Springboks issus de Stellenbosch. Parmi eux, 14 capitaines et non des moindres : Dawie De Villiers, qui devint ensuite ministre, Morne Du Plessis, Tiaan Strauss, Bob Skinstadt, Corne Krige… [2]

La ferme de Markotter
Si l’université de Stellenbosch joue un rôle si important dans le rugby sud-africain (ou inversement), elle le doit à Auguste Markotter et Denis Craven. « Pendant plus d’un siècle, Auguste Markotter et Denis Craven ont organisé, encouragé, valorisé et contrôlé le rugby à Stenllenbosch, confirme Dawie Snyman, ancien international sud-africain et fondateur du South African Rugby Institute à Stellenbosch. Rien ne pouvait se faire sans eux, sans eux cette ville n’aurait jamais acquis ses lettres de noblesse sportives » [1].

« Pendant plus d’un siècle, Auguste Markotter et Denis Craven ont organisé, encouragé, valorisé et contrôlé le rugby à Stenllenbosch »

Auguste Markotter fit don à l’université d’un terrain de sa ferme pour y bâtir un terrain de rugby. C’était en 1903. C’est sur ce même terrain qu’évoluent encore les universitaires, un terrain désormais entouré de gradins pouvant accueillir 17 000 personnes. A Stellenbosch, aucune discipline sportive ne possède d’aussi belles installations que le rugby.

La révolution Craven
Quant à Denis Craven, une imposante statue le représentant accueille les visiteurs à l’entrée du campus et rappelle toute l’importance qu’il a jouée en menant l’université vers l’excellence sportive. C’est lui qui a révolutionné les méthodes d’entraînement à Stellenbosch avant qu’elles ne soient adoptées par les Springboks. Titulaire d’un doctorat en éducation physique, il insistait sur le développement de la technique individuelle et collective, faisant de Stellenbosch une véritable « usine à Springboks ».

Aujourd’hui encore, cette idée d’excellence perdure au sein du campus. C’est ainsi qu’en 2004, les cinq équipes de « Maties » (surnom afrikan donné aux étudiants de l’université en référence aux maillots oranges de ses équipes de rugby) se faisaient un point d’honneur de remporter les cinq championnats dans lesquels elles étaient engagées, respectant leur mission éternelle : montrer sur le pré la supériorité akrikaner.

Apartheid
Car Stellenbosch, ce n’est pas que le rugby. C’est aussi un des symboles forts de l’Apartheid. Stellenbosch est en effet une université afrikaner et, si l’anglais est désormais utilisé, il est toujours possible de suivre ses cours en afrikaans. Du temps de l’Apartheid, l’essentiel des dirigeants politiques du pays étaient d’ailleurs issus des rangs de Stellenbosch.

« Depuis 1994, nous sommes sortis d’un système vieux de cinquante ans. Il faut du temps pour vraiment en sortir »

Les temps ont changé mais la question du racisme reste d’actualité, comme elle l’est encore dans le rugby sud-africain, même si les étudiants s’en défendent. Capitaine de l’équipe en 1994, Dan De Villiers expliquait ainsi que « depuis 1994, nous sommes sortis d’un système vieux de cinquante ans. Il faut du temps pour vraiment en sortir » [2].

SOURCES
[1] L’humanité, 23 octobre 1999
[2] L’humanité, 10 avril 2004

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