Ignacio Corleto : Puma’s fever

En 2009, Ignacio Corleto quittait Paris et mettait sa carrière entre parenthèse. Aujourd’hui, il veut revenir pour disputer une dernière coupe du monde. Avec lui, ce serait le glamour qui ferait son retour dans le rugby.

Il a suffit que Madonna vienne lui parler pour que la rumeur fuse : Ignacio Corleto aurait eu une relation avec la star. C’est le quotidien argentin « Olé » qui l’affirmait au printemps 2005, preuves à l’appui paraît-il. Evidemment, l’arrière du Stade Français démentit : « Je suis flatté que l’on me prête une vie si trépidante… Mais la réalité de la presse people dépasse quelque peu la mienne. En fait, en 2005, j’ai longtemps été blessé. Pour tromper l’ennui, je sortais pas mal. Un soir, mon président, Max Guazzini, m’a convié à un concert privé de Madonna, dans une grande boîte de nuit parisienne. A ma grande surprise, à la fin de son concert, elle s’est approchée de moi et m’a parlé. Ça a duré vingt minutes. »

« Je suis flatté que l’on me prête une vie si trépidante… Mais la réalité de la presse people dépasse quelque peu la mienne »

Il est vrai pourtant qu’avec son visage métissé (yeux bridés, cheveux de jais, typé indien) qui rappelait ses origines uruguayennes, Nani Corleto présentait toutes les caractéristiques pour plaire à la Madone. Il est vrai aussi qu’on a souvent vu le bel Argentin profitant des nuits parisiennes, un cigare à la main et des groupies dans son sillage. Il fit les beaux jours du calendrier des Dieux du Stade et on le vit souvent en couverture des magazines people, seul ou en compagnie de sa femme, Jazmin Alcorta, un mannequin argentin très connue aux Etats-Unis. « Je n’ai jamais couru après, rappelait-il récemment dans les colonnes de Midi Olympique. Que les choses soient bien claires. »

Dieu du Stade
Né le 21 juin 1978 à Buenos Aires, Ignacio Corleto n’a pas 20 ans lorsqu’il connaît sa première sélection avec les Pumas contre le Japon. Dans la foulée, il participe à la coupe du monde 1999, s’emparant durablement du poste d’arrière. Son talent n’échappe pas à Pierre Berbizier, alors manager du RC Narbonne, qui le fait signer avec ses compatriotes Ledesma et Quesada.

Un peu inquiet à l’idée de quitter son pays et ses amis, celui que les supporters du RCNM n’allaient pas tarder à surnommer la « bomba narbonnaise » savait qu’il n’avait pas d’autre choix de carrière : « En Argentine, le rugby est toujours un sport amateur. Le seul moyen d’être joueur professionnel est donc de partir en Australie, Nouvelle-Zélande ou en Europe. Les championnats anglais et français sont les meilleurs d’Europe… Enfin, pour un Argentin, il est plus facile de s’adapter à la culture française. On est des Latins, on se ressemble. »

« J’ai rapidement compris que nous étions tous des latins. On aime la bouffe, on parle fort, on est souvent en retard… »

Pendant deux ans, il va se battre dans les bas-fonds du championnat de France. Lorsqu’arrive la fin de son contrat, les offres affluent : Toulouse, Gloucester et Leicester se mettent sur les rangs mais c’est le Stade Français qui le fait signer. « Quand j’ai posé le pied pour la première fois à Paris, je me suis demandé : que vais-je bien pouvoir raconter à tous ces gens ? Puis j’ai rapidement compris que nous étions tous des latins. On aime la bouffe, on parle fort, on est souvent en retard… »

S’il va bien profiter de la vie parisienne, Corleto ne débarque pas sans ambitions : « Je veux gagner le championnat et le Bouclier européen. En fait, j’ai de grandes ambitions en venant ici ». Il ne décrochera aucun titre européen mais remportera trois Boucliers de Brennus (2003, 2004 et 2007). A chacune de ses sorties au Stade de France, il se montre décisif, inscrivant de magnifiques essais ou semant la panique dans les défenses de Perpignan, Toulouse ou Montferrand par des démarrages foudroyants, des galops assassins ou des relances diaboliques. Jusqu’à l’émergence de Juan Martin Hernandez, il est d’ailleurs considéré comme le meilleur arrière du monde, « une sorte d’Oswaldo Piazza du rugby » comme le décrivit Christian Montaignac dans son « Année du rugby 2003 ».

Mouiller le maillot

Mais c’est avec les Pumas qu’il livra son plus grand combat. « La situation est plus difficile pour nous que pour les autres équipes. On ne gagne pas d’argent, il y a toujours des problèmes avec les dirigeants parce qu’en Argentine il n’y a pas les moyens de développer le rugby, on prend l’avion en classe économique et pas en business, etc. Tout cela fait que le groupe se serre plus les coudes et quand on porte le maillot des Pumas, il y a vraiment quelque chose de spécial qui se passe. C’est une passion. C’est difficile de trouver les mots pour dire tout ce qu’on ressent avec ce maillot, cette équipe. On est fou de ce maillot et de ce qu’on vit. Il représente la famille, le pays, notre groupe, l’amitié. On donnerait notre vie pour ce maillot. On change quand on le porte. »

« On est fou de ce maillot et de ce qu’on vit. Il représente la famille, le pays, notre groupe, l’amitié. On donnerait notre vie pour ce maillot. »

Pendant dix ans, Corleto participe activement à la montée en puissance des Pumas sur la scène internationale. Quarts de finaliste surprise de la coupe du monde 1999, ils échouent au premier tour de l’édition suivante. L’arrière s’y distingue pourtant en inscrivant le premier essai en Australie. Quatre ans plus tard, il récidivera, déchirant plein de rage la défense française pour donner la victoire aux Argentins. Un mois et demi plus tard, les Pumas s’adjugeait une belle 3ème place dans cette coupe du monde. Au même titre que Pichot, Hernandez, Ledesma ou Fernandez Lobbe, Corleto fut un des grands artisans de cette épopée.

Souvent blessé, et peut-être repu, on ne le revit plus qu’épisodiquement sur les terrains. Deux semaines après la Coupe du monde, Corleto rejoignait le Stade Français, sans envie. Il disputa son dernier match sous les couleurs parisiennes lors d’une demi-finale perdue contre Toulouse. Blessé au biceps droit, puis souffrant des adducteurs, il annonçait en mai 2009, qu’il ne reviendrait pas à Paris. « Je ne sais pas si ma carrière est terminée, déclarait-il alors dans le quotidien argentin « Ole ». Mon contrat avec le Stade Français arrive à échéance en juin et je ne pense pas que je reviendrai à Paris. Au-delà des quelques différends que j’ai avec le Président, j’ai la sensation d’avoir terminé un cycle. »

POUR EN SAVOIR PLUS :


L’essai d’Ignacio Corleto contre la France en match d’ouverture de la Coupe du monde 1997

Palmarès, parcours… sur la fiche wikipedia d’Ignacio Corleto

SOURCES :

  • A la rencontre d’Ignacio Corleto : stade.fr, 30 mai 2002
  • Corleto, la trouvaille parisienne : Le parisien, 3 septembre 2002
  • Corleto ne reviendra pas : lequipe.fr, 14 mai 2009
  • rcnm.com, octobre 2001
  • L’humanité, 13 octobre 2007
  • Marc Duzan, « les rois de la coupe du monde 2007 » : Midi Olympique éditions / Solar, 2007
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