Bay of Plenty 1976 : le conte d’Anderson

En 1976, la fédération néo-zélandaise lançait le NPC. Formaté a priori pour des équipes comme Auckland, Wellington ou Canterbury, c’est la petite province de Bay of Plenty qui s’imposa avec courage, solidarité et malice.

« Démodé bien sûr, disgracieux peut-être, et sous-estimé certainement ». C’est ainsi que le journaliste du Bay of Plenty Times décrit sa province (voir source). C’est pourtant dans ce coin perdu de Nouvelle-Zélande qu’il faut chercher le premier vainqueur du NPC, le National Provincial Championship, une épreuve a priori formatée pour les grandes provinces comme Auckland, Canterbury ou Otago.

Avant cet exploit, les bleus et or de Bay of Plenty s’étaient distingués dans les années 1920 autour des frères Brownlie en remportant le Ranfurly Shied de 1922 à 1927. Ensuite, plus grand chose à signaler si ce n’est quelques All Blacks. Ils en fournirent six dans les années 1970 (McNaughton, Crossman, Brake, Rowlands, Stokes et Taylor) et c’est autour d’eux que la province allait bâtir son équipe. Autour d’eux et avec un sacré entraîneur, Eric Anderson.

« Vous pouvez avoir les quinze meilleurs musiciens du monde, ils ne sont rien s’il n’y a pas un véritable chef d’orchestre capable de leur faire produire les plus beaux sons »

Sélectionné avec les All Blacks en 1960 pour une tournée en Australie (il disputa dix matchs mais aucun test), cet ancien pilier prit en main l’équipe en 1974. Il y trouva certainement moins de talents que du côté d’Auckland ou Canterbury mais il sut fédérer son groupe derrière lui. « Vous pouvez avoir les quinze meilleurs musiciens du monde, expliquait Robbie Moore, son deuxième ligne de poche (1,85 mètre), ils ne sont rien s’il n’y a pas un véritable chef d’orchestre capable de leur faire produire les plus beaux sons. »

Anderson se dévoua à son équipe, passant beaucoup de temps avec ses joueurs et les faisant travailler dur. Solidarité, acharnement et un peu de ruse seraient les ingrédients de sa réussite dans le NPC. « Cela n’était pas prévu au départ mais la plupart des avants venaient de Tauranga et la plupart des arrières étaient de Rotorua, se souvenait-il. Cela a permis de fluidifier le jeu de l’équipe et nous avons gagné certains matchs uniquement parce que nous ne voulions pas perdre. »

« Nous avons gagné certains matchs uniquement parce que nous ne voulions pas perdre »

Anderson sait également que les sélectionneurs des Blacks lui ont rendu service en laissant ses joueurs de côté, contribuant à souder un peu plus son groupe. « S’il y avait un secret dans cette équipe, c’est que nous n’avions pas de star, que nous ne nous faisions pas déplumer par les All Blacks et que cela nous a permis un vrai équilibre. »

Sa deuxième ligne, composée de Robbie Moore et Barry Spry, deux petits gabarits pour le poste, est le symbole de l’état d’esprit qui habitait cette équipe de Bay of Plenty 1976. « Robbie Moore et Barry Spry, en deuxième ligne… ils étaient malins » se rappelaient l’entraîneur, un sourire aux lèvres. « Nous n’avions pas de grands deuxièmes lignes, poursuivait-il. Nous avons du faire avec les moyens du bord : être malins et tricher avec les arbitres. Nous mettions une détermination extrême dans ce que nous faisions. » Une détermination que confirme Robbie Moore : « Nous n’avons pas gagné beaucoup de balles sur les touches adverses mais nous n’en avons pas perdu beaucoup non plus sur les nôtres. »

L’exploit de 1976 fut malheureusement sans lendemain pour l’équipe de Bay of Plenty. Composée de nombreux trentenaires, elle se disloqua sous l’effet des départs à la retraite. En 1977, elle descendait avant de regagner sa place dans l’élite néo-zélandaise l’année suivante, le titre de deuxième division en poche. Elle renouvela la performance en 2000 mais n’a plus tutoyé les sommets du NPC depuis 1976.

SOURCE :
Bay of Plenty Times, 2 août 2006

Publicités
Tagué ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :