C’était (pas) mieux en… 1960

Une équipe de France qui échoue de peu dans sa quête d’un premier Grand Chelem mais rince les Argentins chez eux… Des Springboks qui battent des All Blacks privés de leurs Maoris… C’était vraiment mieux en 1960 ?

Tournoi : à un point du Grand Chelem

La France a perdu de nombreux joueurs, à commencer par les héros de 58 dont leur capitaine Lucien Mias. Mais la relève, autour du nouveau capitaine François Moncla, a de l’allure. Vainqueur du Tournoi en solo pour la première fois l’année précédente, le XV de France remporte tous ses matchs sauf un, celui contre l’Angleterre qui se solde par un match nul (trois partout).

Il passe donc à deux doigts du Grand Chelem et doit partager la victoire avec les Anglais qui font le même parcours. Cette équipe anglaise s’appuie sur un très bon pack où s’illustrent des joueurs comme Marques, Jacobs, Peter Robbins et Currie, un pack guidé par l’un des meilleurs joueurs anglais de l’après-guerre, Dickie Jeeps

Equipe de France : la surprise roumaine

Aucune grande tournée n’étant programmée pour eux, les Français doivent se contenter de matchs contre des équipes de seconde zone. Ils battent sans problème les Italiens mais sont surpris par les Roumains à Bucarest. La tournée en Argentine, la troisième après celles de 1949 et 1954, se solde par un carton plein : dix victoires en dix matchs.

Championnat de France : et de sept pour Lourdes

Le championnat est marqué par l’émergence d’une nouvelle force vive dans le rugby français avec Béziers. Autour de Pierre Danos et de Raymond Barthez, les Biterrois affirment les vertus du collectif. En poule, ils battent par deux fois Lourdes, une équipe qu’ils retrouvent quelques mois plus tard en finale.

Si les Lourdais ont perdu les frères Prat (retraite), Labazuy, Barthe et Lacaze (passé à XIII) ou encore Rancoule (parti à Toulon), ils ont surmonté leur début de saison difficile. Leurs recrues (les anciens racingmen Crauste et Marquesuzaa) ont trouvé leurs marques et les Lourdais s’imposent logiquement (14 à 11), décrochant un septième titre en treize ans.

Ailleurs : la revanche des Boks sur fond de controverse

Après avoir perdu ses deux dernières tournées, en Nouvelle-Zélande en 1956 et contre la France en 1958, c’est revancharde que l’Afrique du Sud s’apprête à accueillir les All Blacks à l’été 1960. Cette tournée faillit pourtant être annulée en raison des lois de l’Apartheid qui interdisent la présence de joueurs de couleur dans les sélections étrangères. En Nouvelle-Zélande, une foule importante tente de s’opposer au départ de Whineray et ses hommes. En vain. Le gouvernement néo-zélandais prévient néanmoins son homologue sud-africain que c’est la dernière fois que les All Blacks se produiront en Afrique du Sud sans être une équipe multi-raciale.

Sur le terrain, les Springboks ont reconstitué leurs forces, notamment devant où ils s’appuient sur des joueurs de grande qualité : Fanie Kuhn, Abie Malan, Piet Du Toit, Johan Claassen, Avril Malan, « Stompie » Van der Merwe, Hugo Van Zyl, Doug Hopwood et Martin Pelser. Derrière, apparaissent le demi de mêlée Dick Lockyear, l’ouvreur Keith Oxlee et le centre John Gainsford. Grâce à la botte de Don Clarke, auteur de 175 points lors de cette tournée, les Blacks vont tenir tête à leurs hôtes. Battus lors du premier test (0-13), ils prennent leur revanche lors du deuxième (11-3) et arrachent le nul lors du troisième (11 partout). Tout se joue donc sur la dernière manche que les Boks remportent 8 à 3.

Faits divers

* Pierre Albaladejo marque trois drops contre l’Irlande, record qui tiendra 25 ans
* Contre l’Irlande, la France marque pour la première fois plus de 20 points dans un match du Tournoi
* En Argentine, Pierre Dizabo fait son retour en équipe de France après dix ans d’absence en raison d’une longue maladie

L’équipe de l’année

D. Clarke (NZ) – Bouquet (France) ; Marquesuzaa (France) ; Gainsford (Afrique du Sud) ; Caulton (NZ) – Sharp (Angleterre) ; Lockyear (Afrique du Sud) – Crauste (France) ; Yates (NZ) ; Van Zyl (Afrique du Sud) – A. Malan (Afrique du Sud) ; Meads (NZ) – Du Toit (Afrique du Sud) ; De Gregorio (France) ; Whineray (NZ)

Les tops 3 de 1960

LES FILMS
1. « À bout de souffle » de Jean-Luc Godard
2. « Spartacus » de Stanley Kubrick
3. « Psychose » d’Alfred Hitchcock

LES ALBUMS
1. « Rockin’ at the hops » de Chuck Berry
2. « Le mécréant » de Georges Brassens
3. « Paname » de Léo Ferré

EN SPORT
1. L’Ethipien Bikila remporte, pieds nus, le marathon des JO de Rome
2. Jean Vuarnet remporte la descente aux JO d’hiver de Squaw Valley
3. Cassius Clay gagne une médaille d’or olympique

EN FRANCE ET DANS LE MONDE
1. JFK, président
2. Première bombe atomique française
3. Trois milliards d’habitants sur la planète

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Une réflexion sur “C’était (pas) mieux en… 1960

  1. Bariz dit :

    Désolé, c’est encore moi! 🙂

    Je me demande ce que fait le maori Vic Yates dans cette formation vu que, comme vous l’avez souligné, les joueurs de couleur n’étaient pas les bienvenus en Afrique du Sud et que, surtout, il ne fit ses débuts internationnaux qu’un an plus tard contre la France.

    J’espère, d’ailleurs, que vous ferez prochainement un article sur ce joueur exceptionnel que ne fut sélectionné que trois fois chez les Blacks (61), qui partit en tournée l’année suivante en Australie sans disputer un seul test alors qu’il avait tant impressionné André Boniface, Pierre Albaladejo et le journaliste Dennis Lalanne.

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