Barbarians 1980 : que la fête commence

Ce week-end, les Barbarians français devaient fêter leurs 30 ans face aux Pumas. Ce sera finalement à la fin du mois contre les Tongas. L’occasion de revenir sur la création d’un club à l’image joyeuse et aussi très select.

C’est à Agen, sur les terres du bon président Ferrasse, qu’eut lieu le premier match des Barbarians français en 1980 face à l’Ecosse. L’équipe de départ aurait du être composée des quinze chelemards de 1977 mais Bastiat n’était plus en état de jouer et les dirigeants de Bagnères, à une semaine d’un quart de finale du championnat, avaient privé Aguirre et Bertranne de la fête. Ils étaient remplacés par Michel Droitecourt et Henri Magois pour les 2 premiers et Jean-Luc Joinel pour le dernier. Quinze potes, ou presque, réunis pour une belle fête du rugby : la photo était belle. Elle fit pourtant beaucoup jaser.

Sans foi, ni loi
La philosophie des Barbarians n’était pas nouvelle dans le monde du rugby puisque les Britanniques l’avaient institué dès la fin du XIXème siècle, le 9 avril 1890 dans les salons de l’hôtel Alexandra de Bradford pour être précis. Le règlement intérieur précisait, entre autre, que ce club ne serait ouvert que sur invitation et qu’au moins un des joueurs ne devait pas être internationaux.

Elle s’était ensuite propagée partout dans le monde mais pas en France. Après l’exploit des Britanniques face aux Blacks en 1973, ils n’avaient pourtant jamais été aussi populaires. En 1978, avant de partir à la retraite, George Pastre, le rédacteur en chef du Midi Olympique, soucieux de laisser une trace, lança alors l’appel à la création des Barbarians français.

Il fut entendu par Fouroux et ses hommes. Un an auparavant, ils avaient réalisé un formidable Grand Chelem, remportant leurs quatre matchs avec les quinze même joueurs. De solides liens s’étaient noués entre eux et l’occasion était belle de les prolonger loin de l’équipe de France qui certains d’entre eux, à commencer par leur chef, Jacques Fouroux (1), avaient déjà quitté.

Histoires de famille
Le 11 août 1979 était donc officiellement créé le club des Barbarians français avec comme seuls membres les quinze chelemards de 1977 plus Guy Basquet comme président et Albert Ferrasse comme superviseur. La belle image provoqua donc des remous dans le rugby français. Pour Robert Paparemborde, c’était tout simplement « une annexe de la fédération ». D’autres écrivirent : « Le club France le plus hermétique du monde, qui nous parlait d’ouverture, c’était comme une taupe qui nous parlait du ciel bleu ».

Dans les années 1980, le club s’ouvrit à d’autres joueurs, y compris étrangers (l’Ecossais Andy Irvine fut le premier d’entre eux à porter les couleurs des Barbarians français) et contribua à véhiculer une belle image du rugby français. Mais au tournant des années 1990, lorsque Ferrasse décida de passer la main, certains voulurent s’en servir comme d’un groupe de pression pour conquérir la rue de Liège et les dissensions apparurent.

(1) en novembre 1977, au soir d’un France-Roumanie, il lança : « Je sais que vous voulez me virer de l’équipe. Je ne vous donnerai pas ce plaisir. Je m’en vais avant que vous ne me mettiez dehors. Quant aux journalistes qui ont toujours écrit mon nom avec du vitriol, s’il leur en reste un peu au fond de leur flacon, qu’ils le boivent à ma santé. »

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