France – Argentine 1992 : le silence des agneaux

Avant ce test de Nantes, les matchs face aux cousins argentins, en France, c’était plutôt de la rigolade. Alors en 1992, on l’a pris un peu à la légère. Depuis, c’est une galère pas possible…

Qu’est-ce qui pouvait bien arriver à cette équipe de France ce samedi 14 novembre 1992 à Nantes face aux Pumas ? Pas grand chose. Elle sortait de sa première victoire en France sur les Springboks et n’avait fait qu’une bouchée de ces Argentins chez eux pendant l’été (victoires 27 à 12 et 33 à 9). Volontaires et agressifs, les Pumas étaient fidèles à leur tradition mais son potentiel était assez limité. Quelques noms émergeaient tout de même dont celui de l’ouvreur et capitaine, Arbizu, de la deuxième ligne Sporleder-Llanes et la paire de piliers Noriega-Mendez.

Alors pour ce dernier match de l’année, Pierre Berbizier décida de remodeler son équipe dans la perspective de la coupe du monde 1995. Des vainqueurs des Boks, il ne restait que sept titulaires sur la pelouse de la Beaujoire : Viars (repositionné à l’arrière), Benetton, Benazzi (déplacé de la deuxième ligne au poste de numéro huit), Roumat et la première ligne Gallart-Gonzalez-Armary. Toute la ligne de trois-quarts était chamboulée et le capitanat était confié à un nouveau venu, le Niçois Jean-François Tordo.

« Une troupe sans âme, une équipe sans la moindre once d’un quelconque fond de jeu »

L’entame était tout à l’avantage de cette jeune classe. Si Arbizu avait ouvert le score sur une pénalité dès la première minute, deux essais de Galthié et Gonzalez permettaient aux Français de mener 15 à 3 à la dixième. Ce serait tout pour l’après-midi. Le XV de France se mit à déjouer complètement au point qu’Henri Garcia parla d’ « une troupe sans âme, une équipe sans la moindre once d’un quelconque fond de jeu ». Selon le journaliste de « L’équipe », « elle livra un de ses matchs les plus déplorables. »

La botte de Lisandro Arbizu conjuguée au courage de ses partenaires ferait le score. Son drop de la 75ème minute (qui venait s’ajouter aux sept pénalités réussies) venait sceller la première victoire des Pumas en France : 24 à 20. Après le match, Jeff Tordo s’insurgea contre l’individualisme de certains internationaux pour leur rappeler les vertus du rugby : générosité, humilité et solidarité. Cette sortie lui valut au moins de conserver le capitanat du XV de France pour le tournoi suivant.

Cette défaite de Nantes ne fut pas sans lendemain [lire « XV de France 1992-1995 : le projet Berbizier]. Robert Paparemborde, manager de la sélection nationale, voulut limoger Berbizier sans en avertir Bernard Lapasset. C’est finalement lui qui fut écarté par le président de la fédération. Berbizier n’héritait cependant pas des pleins pouvoirs puisqu’ils seraient sous la tutelle d’un nouveau comité de sélection à la tête duquel Lapasset nommait Guy Laporte et dans lequel entraient notamment Patrick Nadal et André Herrero.

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XV de France 1992-1995 : le projet Berbizier

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