Coupe d’Europe 1998-1999 : l’euroscepticisme anglais

L’Europe et les Anglais, c’est une grande histoire de désamour. Au printemps 1998, ils allaient le prouver une nouvelle fois en menaçant de ne pas participer à la coupe d’Europe.

« Les Anglais sont seuls au monde. Ils veulent foutre en l’air la coupe d’Europe, ils veulent foutre en l’air leur fédération et l’International Board pour faire bonne figure ». C’est Michel Palmié, le représentant français à l’ERC (organisme organisateur des coupes d’Europe) qui le dit au printemps 1998 alors que les clubs anglais menacent de ne pas disputer la coupe d’Europe la saison suivante.

La fin des combines
Après seulement trois ans d’existence et des tensions permanentes avec les clubs anglais, l’épreuve est encore fragile. Absents la première année, ils avaient découvert la coupe d’Europe lors de l’édition 1996-1997 au terme de laquelle les Tigres de Leicester avaient échoué en finale face à Brive. La saison suivante, Bath devenait le premier champion d’Europe anglais en s’imposant à Bordeaux face à ces mêmes Brivistes.

Mais le rugby européen était en train de virer professionnel et les vieilles combines héritées de l’amateurisme ne convenaient plus aux anglais qui voulaient faire valoir leurs droits. Leur idée était à la fois de préserver leur outil de production, les joueurs, en les faisant jouer moins, et de profiter davantage des nouvelles rentrées d’argent.

C’est en substance les griefs qu’ils adressaient au printemps 1998 à l’ERC. Mais ce qui les préoccupait avant tout, c’était la répartition des fonds. Le système prévoyait alors une répartition par pays avec part égale entre les nations participantes. Les Anglais ne le voyaient pas ainsi et exigeaient que la répartition se base désormais sur les résultats sportifs.

Conflits
L’ERC, qui estimait que ses seuls interlocuteurs crédibles étaient les fédérations nationales (celle-là même dont elle dépendait), refusait de négocier. C’est donc du côté de la RFU, avec laquelle les clubs anglais étaient aussi en conflit pour des griefs similaires, que le sort de la coupe d’Europe 1998-1999 allait se régler.

Un accord fut finalement trouvé entre les deux parties, accord qui prévoyait de passer d’un championnat de 12 à 14 clubs, une gestion tripartite des contrats des joueurs internationaux, une limitation à 37 du nombre de matchs par saison pour ces mêmes joueurs et, pour alléger le calendrier, la suspension de la participation à la coupe d’Europe.

C’est donc sans les clubs anglais, ni deux des meilleurs clubs gallois, Cardiff et Swansea ayant suivi le mouvement anglais, qu’allait se dérouler l’édition 1998-1999. Heineken ne jugeant plus intéressant d’investir de l’argent dans une compétition au rabais, la coupe d’Europe perdait du même coup son principal. Les choses rentrèrent finalement dans l’ordre la saison suivante. Après avoir réussi à faire entendre leurs doléances, notamment leurs doléances financières, les Anglais décidaient de revenir en Coupe d’Europe. Bien leur en prit puisque ce furent les Saints de Northampton qui succédèrent au palmarès à l’Ulster.

SOURCES
« Les Anglais se retirent de la Coupe d’Europe » : Libération, 15 mai 1998
« En ovalie, les coupes d’Europe sont franco-françaises » : L’humanité, 10 septembre 1998

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