Cardiff-Toulouse 1996 : à l’origine

Un stade quasi désert… Un intérêt médiatique limité… Cette première finale de coupe d’Europe avait tout pour finir aux oubliettes.  Oui, mais le suspens fut au rendez-vous et comme toujours c’est Toulouse qui a gagné.

« L’atmosphère dans les vestiaires était nerveuse, se rappelle le demi de mêlée gallois Andy Moore. C’était la finale que nous voulions tous jouer parce que nous avions entendu parler de cette équipe de Toulouse. C’était comme si  nous allions jouer une sélection française parce qu’ils avaient tant d’internationaux dans leurs rangs. »

Affiche internationale
Avec ses deux titres de champion de France (1994 et 1995) et sa pléiade d’internationaux (Califano, Castel, Dispagne, Cazalbou, Deylaud, Castaignède, N’Tamack…), il est vrai que le Stade Toulousain de Guy Novès avait de quoi impressionner. Mais leurs adversaires en finale de cette première coupe d’Europe ce dimanche 7 janvier 1996, le Cardiff RFC avait du répondant. Avec les Arthur Lewis, Jonathan Humphreys, Emyr Lawis, Martyn Williams, Andrew Moore, Mark Ring ou Nigel Walker, on n’était pas loin de l’équipe du Pays de Galles.

Pour parvenir en finale, les Toulousains avaient successivement vaincu des Roumains de Constanta, leurs adversaires en finale du Masters de 1986 (54 à 10), des Italiens de Trévise (18 à 9) et des Gallois de Swansea (30 à 3). De leur côté, Cardiff avait d’abord du concédé un nul face à Bègles (14 partout) avant de battre les Irlandais de l’Ulster (46 à 6) puis ceux du Leinster à Dublin (23 à 14).

Suspense
Devant une petite chambrée (environ 25 000 spectateurs dans un stade qui pouvait facilement en contenir quatre fois plus), ce sont les Toulousains qui prenaient le jeu à leur compte, inscrivant deux essais dans les dix premières minutes par Castaignède et Cazalbou. Avec uns transformation de Deylaud, ils menaient 12 à 0. « Après le deuxième essai toulousain, nous nous sommes regroupés et nous avons réalisé que nous leur avions peut-être accordé trop de respect » témoigne Andy Moore.

Les Gallois se réveillent pour revenir à trois points des Toulousains peu après la mi-temps grâce à trois pénalités d’Adrian Davies.  Un drop de Castaignède redonnait six points d’avance au Stade Toulousain (15 à 9) à la 65ème, six points qui allaient s’avérer insuffisants, deux nouvelles pénalités de Davies ramenant les Gallois à égalité. La décision se ferait en prolongation.

A la 82ème, une pénalité de Deylaud redonnait l’avantage aux Toulousains avant que Davies ne remettent les deux équipes à égalité à la 100ème minute. Mais quinze minutes plus tard, « une pénalité douteuse » selon Moore permettait à Deylaud de scellait définitivement la victoire de Toulouse : 21 à 18. Dire que l’ouvreur toulousain avait failli rater cette finale pour avoir oublié ses papiers au moment d’embarquer le vendredi pour la capitale galloise.

Dans ses « chroniques ovales », Jacques Verdier commentait l’événement en ces termes : « longtemps malmenés sur le front de la conquête, longtemps mis à mal sur l’échiquier du combat, les Toulousains nous gratifièrent, entre temps, de quelques minutes extravagantes qui doivent bien pouvoir s’apparenter au plus beau jeu du monde et font de cette équipe une reine en son genre. »

Emile N’Tamack, le capitaine toulousain, pouvait soulever un trophée en forme de poteaux de rugby surmonté d’une étoile rouge qui faisait référence au sponsor principal de l’épreuve, Heineken. Ce trophée, de 50 centimètres pour 7 kilos, avait été créé par un artiste toulousain, Michel Demarton, dans les dix jours précédents la finale. Trop fragile, il ne résisterait pas aux célébrations toulousaines et céderait sa place l’année suivante à un nouveau trophée, plus solide, celui qui est toujours remis aux champions d’Europe.

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