C’était (pas) mieux en… 1910

Ce temps-là s’appelait la Belle époque. En rugby, c’était plutôt la misère pour le rugby français. Malgré son développement, il ne pouvait qu’admirer les représentants britanniques qui daignaient enfin l’inviter à leur table.

XV de France : l’apprentissage
Après l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande, la très traditionaliste Ecosse a enfin accepté de disputer un match annuel contre la France. Le Tournoi des 5 nations est né. Le premier match a lieu le 1er janvier 1910 à Swansea avec un Galles-France. La préparation du match est des plus amateur côté français. Jusqu’au dernier moment, on n’est pas sûr de partir avec une équipe complète et c’est finalement Joe Anduran qui s’apprêtait à réveillonner en famille qui fait le voyage. Ce sera sa seule sélection.
Sur le terrain, les Français font illusion une mi-temps. Mais ils s’écroulent en seconde période encaissant un sévère 14 à 49. Au lendemain de ce match, « L’auto » titre pourtant « l’honneur est sauf ». Promise à la cuillère de bois, la France va respecter les pronostics, subissant une nouvelle déculottée à Edimbourg (0 à 27) puis deux défaites plus honorables à Paris contre l’Angleterre (3 à 11) et l’Irlande (3 à 8).
Le journaliste de « The football Post » peut écrire au sujet de cette équipe de France : « Bien que le football français s’améliore, il s’écoulera du temps avant qu’il puisse figurer avec quelques succès dans le concert international du football rugby ».

Tournoi : la domination galloise
Ce premier Tournoi a en effet démontré que le rugby français était bien archaïque par rapport à celui des Home Unions, un archaïsme qui se manifestait jusque dans la tenue. Alors que les Britanniques jouaient en « bottines à crampons », les Français portaient encore de simples souliers. Chaque visite en Grande-Bretagne était donc l’occasion pour les joueurs français de se ruer dans les magasins spécialisés pour se procurer les précieuses bottines.
Dans le jeu, les Français se montraient tout aussi rétrogrades (comme le rappelait leur capitaine Marcel Communeau) face à la modernité des Anglo-saxons, notamment celle des Gallois. A une époque où le rugby était encore un sport de riches qui payaient leurs dépenses et leurs déplacements, les Gallois avaient élargi leur base en faisant descendre leur rugby dans les mines et sur les docks.

Championnat : cap au sud
En France aussi, le rugby gagne du terrain. Le champion de France en titre, le Stade Bordelais, parvient une nouvelle fois en finale, sa onzième depuis 1899, mais il est battu par le FC Lyon. Cette finale entre Lyonnais et Bordelais est le symbole de l’enracinement du rugby en province. Loin de Paris, dont les clubs ne brillent plus autant qu’au XIXème siècle, le rugby se développe donc à Bordeaux et Lyon, mais aussi à Nantes, Toulouse, Bayonne, Tarbes ou Périgueux. Les compositions du XV de France, où les provinciaux sont de plus en plus nombreux, témoignent également de ce phénomène.

2 ou 3 autres choses à retenir de 1910…

  • Paris est inondé
  • Premier passage du métro sous la Seine
  • Inauguration du Vel d’hiv
  • Le Gloucestershire est champion d’Angleterre des comtés
  • Jules Cadenat est le premier international français à plus de 100 kilos
  • Marcel Communeau et Gaston Lane sont les premiers internationaux français à franchir le cap des 10 sélections
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