Anthony Foley : l’héritier

Pendant plus de 10 ans, Anthony Foley a été la figure de proue du Munster. Dur au mal, fier de ses racines et plutôt habile, il a souvent perdu. Avant de finir en apothéose pour porter son peuple au sommet de l’Europe.

« J’ai toujours du mal avec ce sujet. Je suis l’un des rares à reconnaître ne pas avoir été là ». En octobre 1978, alors que le Munster défie et bat les All Blacks, un exploit unique dans l’histoire du rugby irlandais, Anthony Foley est resté chez lui. Il n’a que cinq ans et sa mère, Rosie, lui a interdit de se rendre au stade. Pourtant, au-delà de l’affiche, ce que voulait le petit Anthony, c’était de voir Brendan, son père, jouer avec le maillot rouge du Munster.

Fils de
Difficile en effet de trouver un joueur plus emblématique du Munster qu’Anthony Foley. Né le 30  octobre 1973 à Douvres, il rejoint rapidement la province irlandaise où son père va briller de nombreuses années, gagnant également onze sélections avec le XV du Trèfle. « Mon père vous parlera volontiers de ses victoires avec le Munster si vous le lui demandez, témoignait Anthony. Il est fier de ce qu’il a accompli. »

« Je voulais simplement me mettre dans un coin et m’asseoir en attendant que les joueurs sortent »

Et Anthony était fier de son père. Tous les week-ends, il le suivait sur les terrains de rugby, jusque dans les vestiaires. « Je voulais simplement me mettre dans un coin et m’asseoir en attendant que les joueurs sortent. C’était ça ou se promener dehors. Au moins, mon père savait où j’étais. »

Tout naturellement, Anthony suivit les traces de son père (qui fut également son entraîneur dans l’équipe du St Munchin) et ne tarde pas à intégrer les équipes de jeunes du Munster. En bon Munsterman, il se délecte tout particulièrement des confrontations avec le Leinster : « je me souviens d’un entraîneur chez les moins de 20 ans, Dan Mooney. Il nous demandait deux choses en entrant sur le terrain : de l’amertume et de la fierté. Quand vous y réfléchissez, vous vous dites qu’il avait raison. Vous détestez  ceux contre qui vous allez jouer et vous devez être fier de là où vous venez. Vous devez être en mesure de vous battre pour ça. »

Fidélité
Rapidement titulaire avec le Munster, il est rapidement convoqué en sélection. Le 21 janvier 1995, à 21 ans, il honore sa première cape avec le XV du Trèfle contre l’Angleterre. Dans la foulée, il participe à la coupe du monde. Mais en 1997, le vent tourne. L’Anglais Brian Ashton prend en charge la sélection irlandaise et l’écarte de son groupe.

« Les gens se rappellent de moi quand j’étais un petit morveux. Ils me ramenaient sur terre assez rapidement s’ils pensaient que je m’écartais de mes origines »

Foley croit revenir deux ans plus tard lorsque, dans la perspective de la coupe du monde 1999, les sélectionneurs font passer une batterie de tests aux meilleurs joueurs du pays. Le test de masse grasse va s’avérer fatidique : elle a « augmenté de façon significative », une augmentation qui s’accompagne d’une explosivité en baisse. Coventry, un club de deuxième division anglaise, croit faire une affaire en essayant de le recruter mais Foley ne cède pas aux sirènes et reste au Munster. Il sera fidèle à sa province jusqu’à la fin de sa carrière en 2008.

Avec Keith Wood, il fut donc le joueur emblématique du Munster des années 1990 et 2000. Mais, contrairement à Keith Wood qui passe beaucoup de temps à Rome pour ses affaires, Foley ne quitta jamais Killaloe, non loin du pub que son père avait acheté et tenu dans les années 1980. « Les gens se rappellent de moi quand j’étais un petit morveux. Ils me ramenaient sur terre assez rapidement s’ils pensaient que je m’écartais de mes origines. C’est certainement la meilleure qui pouvait m’arriver dans cette région. »

Maturité
Le test de masse grasse de 1999 va également s’avérer décisif dans la suite de sa carrière. Vexé que ses résultats aient été révélés dans la presse, Foley décide de se prendre en main et d’adopter un comportement professionnel.

Dès 2000, après deux saisons vierges, il fait son retour en sélection. Celui que ses partenaires surnomment « Dark Vador » en raison du sifflement qui accompagne sa respiration, doit affronter la concurrence de Victor Costello. Les deux hommes évoluent dans deux styles différents. Le Dublinois est un dynamiteur de défense alors que Foley présente un profil de joueur plus intelligent.

« Il sait comment s’y prendre pour gagner des matchs. Il est le meilleur joueur de rugby avec lequel j’ai joué »

« Tout le monde dit qu’il est au bon endroit au bon moment, explique Killian Keane qui fut son coéquipier avec le Munster et l’Irlande. Ce qui est étonnant, c’est qu’il fait toujours le bon choix. Si vous recherchez un joueur qui soit un modèle pour les jeunes, il serait votre homme. Il sait comment s’y prendre pour gagner des matchs. Il est le meilleur joueur de rugby avec lequel j’ai joué. »

Foley fait ainsi profiter la sélection irlandaise de sa science du jeu. S’il échoue lors de la coupe du monde 2003 et même s’il ne parvint jamais à remporter le Tournoi, il contribue à son retour sur le devant de la scène internationale. Mais encore une fois, c’est avec le Munster qu’il connut ses meilleurs moments. Il participe ainsi à l’ascension de sa province vers les sommets européens : double finaliste de la coupe d’Europe en 2000 et 2002, il touche au but par deux fois en 2006 et 2008.

SOURCES
“Foley follows in dad’s footsteps” : new zealand herald, 8 juin 2002
“The Big Interview: Anthony Foley: Leader of the pack” : the sunday times, 30 janvier 2005
“Foley – A measured footballing intellect without peer” : munster rugby, 23 janvier 2008

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