Andy Irvine : sans peur, pas sans reproche

Surnommé « Ivanhoé » pour ses relances incendiaires, Andy Irvine a souvent sauvé l’Ecosse de l’embarras à une époque où le talent se faisait rare dans les Highlands. Malgré cela, ses détracteurs ne manquaient pas. Alors, attaquant d’exception ou un piètre défenseur.

 

Pour le Scotsman, Irvine fut rien moins que le « plus grand arrière que l’Ecosse ait jamais produit, un rugbyman de génie (…) il pouvait transformer le cours d’un match comme par magie. » Les Français, et notamment ceux de 1980, en firent souvent l’expérience. A Edimbourg, sous une pluie battante, ils semblaient se diriger vers un joli succès en menant par 15 à 12 à un petit quart de la fin. En deux inspirations conclues par deux essais magnifiques, Andy Irvine allaient inverser la tendance et donner la victoire aux hommes des Highlands 22 à 15. Le lundi, « L’équipe » s’inclinait devant ces Ecossais au style baroque mais surtout face au talent de leur arrière au point que le journaliste rebaptisait Murrayfield en « Irvinefield ».

« Feu follet aux courses déconcertantes »
Andy Irvine, c’était d’abord un génie de l’offensive, un contre-attaquant hors pair, à la vitesse fantastique et doté d’invraisemblables changements de rythme et d’accélération. Richard Escot et Jacques Rivière le décrivent comme un « feu-follet aux courses déconcertantes », ajoutant qu’« il n’avait pas son pareil pour faire frissonner de plaisir et de peur le public écossais. »

« Il n’avait pas son pareil pour faire frissonner de plaisir et de peur le public écossais »

Son jeu et son allure contrastaient avec un XV d’Ecosse assez pauvre dans les années 1970. Très vite, après ses débuts internationaux en 1972, il gagna le respect de ses adversaires à l’image du Gallois Gareth Edwards qui racontait volontiers que dès ses premières sorties avec le XV du chardon, il sut qu’il faudrait compter avec lui. Quand ses adversaires prirent la mesure de son talent, ils concentrèrent leur attention sur lui, laissant des trous dans leur défense où s’engouffraient ses partenaires.

Irvine ne gagna le Tournoi des Cinq Nations qu’une seule fois. C’était en 1973, un an après ses débuts, année au cours de laquelle les cinq équipes se partagèrent le titre avec deux victoires pour deux défaites. En 1975, il passa tout près d’une Triple Couronne mais rata la dernière levée à Twickenham, un stade qui ne lui réussit guère. Il n’en garda pourtant aucune rancœur : « Twickenham a été un endroit difficile pour moi mais l’atmosphère y était fantastique. Les vieilles tribunes étaient impressionnantes. C’était également l’un des stades les plus bruyants. »

Des hésitations coupables et un manque d’assurance
Le joueur avait beau être brillant, il n’échappa pourtant pas à la critique. On lui reprocha toujours ses hésitations défensives et son manque d’assurance sous la chandelle. Richard bath écrivit à ce propos que « malgré ses nombreuses sélections, Irvine était particulièrement fragile sur les balles hautes et même ses plus fervents partisans ne pouvaient prétendre qu’il fut le plus grand défenseur de tous les arrières écossais. »

« Même ses plus fervents partisans ne pouvaient prétendre qu’il fut le plus grand défenseur de tous les arrières écossais »

En fait, c’est avec les Lions britanniques et irlandais qu’il donna la pleine mesure de son talent. En 1974, pour sa première tournée en Afrique du Sud, on lui confia le poste d’ailier plutôt que celui d’arrière, poste pour lequel le Gallois JPR Williams lui fut préféré. Irvine dit en avoir profité pour enrichir sa culture tactique en observant les Sud-africains. Il marqua surtout 156 points en 15 matchs. En 1977, il renouvelait l’expérience pour la tournée en Nouvelle-Zélande au cours de laquelle il fut titularisé lors des quatre tests. Il en disputa trois autres en Australie en 1980.

Ses meilleurs moments avec la sélection écossaise, il les connut sur la fin de sa carrière. En 1982, il fut notamment le capitaine de l’équipe qui s’imposa chez les Gallois, une première à Cardiff en 27 matchs. Quelques mois plus tard, pour l’une des ses toutes dernières sélections, il emmenait ses coéquipiers pour une autre victoire historique en Australie. Il quittait la scène internationale nanti de 51 sélections avec l’Ecosse et 9 avec les Lions mais surtout avec un record de 301 points inscrits en tests-matchs.

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