Italie / Galles 2003 : force et honneur

« Cela fait des années que je n’ai pas vu une équipe d’Italie aussi forte. Nous sommes deux fois plus costauds que l’an dernier. » A la veille de débuter le Tournoi 2003, John Kirwan, le sélectionneur italien, est optimiste. Après tout, comment les Italiens pourraient faire pire qu’en 2001 ou 2002, deux éditions conclues par deux cuillères de bois ? Depuis leur victoire inaugurale en 2000 contre l’Ecosse (34-20), les Italiens restaient sur 14 défaites de rang dans le Tournoi, récoltant au passage quelques sévères raclées (notamment ce 23-80 de 2002 à Twickenham).

Retard
Dans ce contexte, le rugby peine à s’implanter au pays du roi-calcio. Les journaux sportifs se contentent le plus souvent de donner les résultats du championnat le lundi matin avec une courte fiche technique pour les principaux chocs. Dans les stades, les affluences plafonnent à 8.000 spectateurs pour les matches des « grands » du nord, Calvisano, Viadana, Parme, Trévise.

« Nous sommes encore largement en retrait, non seulement du football mais aussi du basket et en partie du volley »

« Nous sommes encore largement en retrait, non seulement du football mais aussi du basket et en partie du volley, dont on parle davantage dans les journaux et à la télévision, témoigne Franco, ancien deuxième ligne, propriétaire d’un café-restaurant du centre de Rome interrogé par L’équipe.fr. C’est une question de mentalité et de tradition. Mais j’espère qu’un jour le rugby aura la place qu’il mérite, car c’est une discipline spectaculaire, bien dans le style des Italiens » En fait, seules les rencontres internationales du Tournoi des six nations trouvent grâce auprès des responsables des chaînes qui retransmettent en direct tous les matches

Italian lover
John Kirwan croit pourtant dans les chances de son équipe. « Certes, la plupart des Italiens ne s’intéressent qu’au football mais le rugby est de plus en plus suivi et nous sommes devenus plus forts, explique-t-il. La question est de savoir si nous progressons assez vite ? »

« J’aime ce pays, ce peuple et tout ce qui s’y  rapporte. Nous avons besoin de traduire cette culture sur les terrains de rugby »

Nommé l’année précédente en remplacement de son compatriote Brad Johnstone, Kirwan est un amoureux de l’Italie. Il y a joué à la fin des années 1980 et y a rencontré sa femme Fiorella.. Il va jusqu’à se considérer comme Italien : « En ce qui me concerne, je suis Italien. J’aime ce pays, ce peuple et tout ce qui s’y  rapporte. Nous avons besoin de traduire cette culture sur les terrains de rugby »

Italian power
Pour Kirwan, la culture italienne du rugby n’est pas celle des grandes envolées. C’est celle de la puissance et de la force. Pour ce match contre le Pays de Galles, sa sélection n’a rien d’originale si ce n’est le repositionnement de Mauro Bergamasco, habituel 3ème ligne, à l’aile de l’attaque. Kirwan voit en lui le « Lomu italien ». En face, Steve Hansen est privé de quelques joueurs cadres comme l’ouvreur Stephen Jones, le centre Jamie Robinson ou le talonneur Robin McBryde.

Cela n’empêche pas les Gallois de prendre l’avantage au quart d’heure de jeu grâce à deux essais de Steve Williams et Tom Shanklin contre un de De Carli. A la 20e, Festuccia permet aux Italiens de recoller au score (14-14). Dominguez allait ensuite enquiller deux  pénalités et deux drops pour donner 10 points d’avance aux Italiens. Un dernier essai de Peel réduisant l’écart mais n’empêchait pas les hommes de Kirwan de décrocher le deuxième succès de leur histoire dans le Tournoi (30 à 22).

« Cet après-midi, notre objectif était de trouver notre esprit, de trouver notre passion » déclarait Kirwan dans l’euphorie de la victoire. La suite du Tournoi allait le faire déchanter : battus à domicile par l’Irlande (13-37) et par la France (27-53), les Italiens perdaient aussi à Twickenham (5-40) et Murrayfiled (25-33). Ils pouvaient au moins se satisfaire de laisser la cuillère de bois aux Gallois.

SOURCES
« Une discipline peu suivie » : lequipe.fr, 12 février 2003
“Kirwan confident he can convert passion to points” : New Zealand herald, 14 février 2003
“Shattered Wales fall at the feet of Dominguez” : the independent, 16 février 2003

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