Italie / France 2001 : Bernie et sa drôle d’équipe

2001 : pour la première fois, le XV de France se rend à Rome pour y affronter l’Italie dans le cadre du Tournoi. Mais entre deux équipes en manque de repère et en plein doute, le spectacle ne fut guère emballant.

« Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce match avec l’Italie, envisagé comme une simple balade touristique après le sommet contre les Blacks à Marseille l’automne dernier, devient aujourd’hui un match à hauts risques pour le XV de France. Après la caricature de rugby présentée contre l’Ecosse (16-6) et l’alarmante défaite contre l’Irlande (15-22), les Bleus ­ et leur entraîneur Bernard Laporte ­ n’ont plus le droit à l’erreur. »
Crainte

C’est en ces termes que Jean Cormier présentait dans Le Parisien du 3 mars 2001 ce premier France-Italie de l’histoire des 6 nations. Battue à Rome par l’Irlande (22 à 41) puis balayée à Twickenham par (23 à 80), l’Italie n’avait rien d’inquiétant. Triste vainqueur de l’Ecosse (16 à 6) et battu en Irlande (15 à 22), le XV de France ne présentait pourtant guère d’assurance. Et, comme le souligne Cormier, la belle victoire de novembre 2000 contre les All Blacks semblaient bien loin.

« Ne déconnez pas, ne faites pas briller Diego : la moindre faute et c’est trois points »

Privés de Castaignède, Ntamack ou Elhorga, les Français n’en menaient pas large en débarquant à Rome. « Si l’on est pas capable de battre l’Italie, c’est à en perdre son latin ! » ironisait Jo Maso, le manager français. De son côté, Laporte préférait avertir ses joueurs du danger que représentait Dominguez, l’ouvreur italien déjà revenu de sa retraite internationale : « Ne déconnez pas, ne faites pas briller Diego : la moindre faute et c’est trois points. »

Le festival de la vieille

L’entame défectueuse de Français permettait pourtant aux Italiens de mettre la pression sur leurs hôtes et à Dominguez de convertir cette domination en points. C’est un vieux, Jean-Luc Sadourny, (34 ans) rappelé à l’automne en équipe de France après plus d’un an de placard, qui allait remettre ses partenaires dans le sens de la marche. Il marquait le premier essai de l’après-midi avant d’en offrir un deuxième quelques minutes plus tard à Philippe Bernat-Salles.
La botte de Dominguez permettait néanmoins aux Italiens de rester au contact à la mi-temps (9 à 14). Les Français ne se libéraient pas davantage dans une seconde mi-temps qui se cantonna longtemps en un duel de buteurs. A dix minutes de la fin du match, alors que la France comptait neuf points d’avance, Dominguez enclenchait une action petit côté que l’ailier Perziano se chargeait de conclure. L’Italie revenait à quatre points.

C’est encore Sadourny qui allait libérer le XV de France en lançant une attaque grand champ. Bien relayé par Olivier Magne, l’action finissait dans les mains de Sébastien Bonetti, le nouveau venu, qui marquait le troisième essai français et clôturait le score (19 à 30).

Victoire sans relief

On pouvait souffler côté français. Laporte, soucieux de mobiliser ses troupes, ne retenait que  le résultat, ignorant la manière : « Je suis content d’avoir gagné, bien sûr, mais aussi d’être toujours en course pour remporter le Tournoi. »

« Le jeu français est en panne, son génie à la dérive, ses ambitions en lambeaux »

La presse se chargerait de rappeler la faible prestation de ses joueurs.  Lequipe.fr parlait d’ « une victoire sans relief. L’essai de Sébastien Bonetti marqué en toute fin de match et qui confère un peu d’ampleur au score sauverait presque les apparences. » Le journaliste poursuivait : « Le jeu français est en panne, son génie à la dérive, ses ambitions en lambeaux. »
Réaliste, Raphael Ibanez convenait de la fragilité de cette équipe : « Par moment, on est encore une équipe fragile qui retombe dans ses travers. » La suite des événements allait lui donner raison. Battus à Saint-Denis par de faibles Gallois et humiliés à Twickenham, les Français terminaient le Tournoi à l’avant-dernière place, loin des ambitions affichées par Laporte au soir de la victoire romaine.

 

 

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