Coupe du monde 1999 : la rétro

1999 : le rugby est devenu professionnel. Enfin presque… Au nord, on continue à bricoler. Au Sud, on industrialise. Les Français font illusion. Mais à la fin, implacablement, ce sont les Wallabies qui gagnent.

C’est la première coupe du monde de l’après-amateurisme. Organisée du 1er octobre au 6 novembre 1999 au Royaume-Uni et en France, elle rassemble 20 équipes (16 lors des trois premières éditions). Pour la première fois, seuls les demi-finalistes de l’édition précédente étaient automatiquement qualifiés. Toutes les autres nations durent passer par des éliminatoires pour obtenir leur billet.

Les petits animent le début de la compétition
Avec quatre participants en plus, cette coupe du monde permet de découvrir de nouveaux rugby comme ceux d’Uruguay ou d’Espagne.  Les deux nations se retrouvent d’ailleurs dans la même poule et s’affrontent d’entrée. L’Uruguay s’impose (27 à 25) mais doit vite déchanter. Un gouffre sépare ces équipes des principales nations et les scores fleuves se succèdent.

Quelques « petits » parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu comme les Samoa qui refont le coup de 1991 en s’imposant au Pays de Galles (38 à 31). Ils échoueront en match de barrage face à l’Ecosse. Lors de ces barrages, c’est l’Argentine qui fait sensation. Eliminés au premier tour lors des trois premières éditions, les Pumas sortent l’Irlande à Lens grâce à un essai d’Albanese dans les dernières minutes. Pour la bande de Pichot, c’est le début d’une belle aventure.

L’exploit de la France
A part l’Argentine, les quarts de finale ne rassemblent que des habitués et l’on pressent déjà une victoire d’une nation du sud. L’Afrique du Sud met fin au rêve anglais grâce notamment à la botte de son ouvreur Jannie de Beer auteur de cinq drops. Australiens et Néo-zélandais se hissent sans difficultés en demi-finale en sortant l’Ecosse et le Pays de Galles.

En demi-finale, la France est donc le dernier représentant des nations du nord.  On ne donne pourtant pas chère de sa peau au moment d’affronter les All Blacks. Quatre mois plus tôt, les hommes de Skrela et Villepreux ont encaissé une belle rouste du côté de Wellington. Surtout, malgré trois mois de préparation, ils n’ont rien montré. Ils balbutient leur rugby lors du premier tour et ne doivent leur qualification qu’à une victoire heureuse contre les Fidji et au retour de Galthié. En quart, ils sortent des Pumas aux griffes usées par leur match de barrage. Pourtant, à Twickenham, ce sont bien les partenaires Ibanez qui s’imposent face aux All Blacks. Nous reviendrons prochainement sur ce qui reste sans doute le plus bel exploit de la coupe du monde.

L’implacable logique australienne
Une semaine après leur victoire sur la Nouvelle-Zélande, les Français ne font pas le poids face aux Australiens qui sont les premiers à inscrire deux fois leur nom au palmarès de la coupe du monde. Moins flamboyants qu’en 1991, ils ont construit leur victoire sur une organisation sans faille et une défense hermétique (un seul essai encaissé dans cette coupe du monde, lors du 1er tour contre les Etats-Unis) et quelques grandes individualités : John Eales, son capitaine, la charnière Gregan-Larkham, l’arrière et buter Matt Burke ou encore Tim Horan, élu meilleur joueur de la compétition.

« Nous étions très pro sur beaucoup de points, expliquera John Eales, leur capitaine. Je n’ai pas eu recours à des ruses spéciales pour motiver l’équipe avant la finale. Notre groupe s’est resserré autour des objectifs que nous nous étions fixés depuis près de quatre ans. »

« Tout était verrouillé chez eux, tout était programmé, confiera Raphael Ibanez. Et nous, au contraire, nous avions tout bâti sur l’émotion. Nous en avions mis tellement dans le match précédent que c’était difficile, lors de cette finale, de jouer sur le même credo. Inconsciemment, c’est un retour sur terre. Un retour sur terre brutal. »

Un business qui prospère toujours plus
Cette coupe du monde a généré 700 millions de francs de chiffre d’affaires (contre 35 en 1987) pour un bénéfice de 500 millions. 200 de ces 700 millions proviennent d’un pool regroupant les huit principaux partenaires de l’événement. 400 viennent des droits télévisés (140 diffuseurs contre 17 en 1987). En France, c’est TF1 qui, comme en 1995, en acquis les droits pour 120 millions de francs (partageant la diffusion des matchs avec Canal +) contre 60 en 1995. Sur le plan des audiences, le succès de la coupe du monde de rugby se confirme avec plus de trois milliards de téléspectateurs en cumulé (contre 300 millions en 1987).

L’équipe type

Ignacio Corleto (Argentine) – Ben Tune (Australie) ; Christian Cullen (NZ) ; Tim Horan (Australie) ; Jonah Lomu (NZ) – Stephen Larkham (Australie) ; George Gregan (Australie) – Toutai Kefu (Australie) ; Josh Kronfeld (NZ) ; Marc Liévremont (France) – John Eales (Australie) ; Abdel Benazzi (France) – Franck Tournaire (France) ; Raphael Ibanez (France) ; Jason Leonard (Angleterre)

Les chiffres de la coupe du monde

  • 4 comme le nombre d’essais marqués par la talonneur irlandais Keith Woods contre les Etats-Unis (record)
  • 8 comme le nombre d’essais marqués par Jonah Lomu, meilleur marqueur de la compétition ; il devance son compatriote Jeff Wilson (6)
  • 63 comme le nombre de nations ayant participées aux qualifications pour cette coupe du monde.
  • 101 comme le record de points marqués par les All Blacks contre l’Italie et l’Angleterre contre les Tonga
  • 102 comme le nombre de points réussis par l’Argentine Gonzalo Quesada, meilleur buteur de la compétition ; iol devance l’Australien Matt Burke (102) et Jannie de Beer (97)
  • 1500 comme le nombre de journalistes accrédités (contre une dizaine de milliers pour le mondial de foot ou les JO)

1999, c’était aussi…

Top 3 ciné
1 – Matrix – Andy et Larry Wachowski
2 – Fight club – David Fincher
3 – Eyes Wide Shut – Stanley Kubrick

Top 3 musique
1 – Americana – The Offspring
2 – 13 – Blur
3 – Clandestino – Manu Chao

Top 3 sport
1 – Rugby – Coupe d’Europe : Ulster
2 – Tour de France : Lance Armstrong (É.-U.)
3 – Ligue des champions : Manchester Utd

En France et dans le monde
1 – Adoption du PACS
2 – Le Reichstag est réinvesti par le Bundestag
3 – Une tempête exceptionnelle en France

SOURCES
« Les Wallabies bissent, la France danse » : lequipe.fr, 2 juillet 2007
« La manne très rondelette des droits télé » : libération, 2 octobre 1999
Cédric Beaudou et Lionel Chamoulaud, « Paroles de capitaines » : Mango sport, 2006
« 1987-2007 : vingt ans de coupe du monde » : L’équipe magazine, 25 août 2007

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