Stade Français / Biarritz 2005 : Domi, expert en finition

Dans la première moitié des années 2000, 3 clubs dominaient le championnat de France : Toulouse, le Stade Français et Biarritz. En 2005, on retrouvait même ces trois clubs en demi-finale de la coupe d’Europe. Avec une affiche salivante au Parc des Princes : le Stade Français de Galthié face au Biarritz de Lagisquet.

A une demi-heure du coup d’envoi, la feuille de match de ce Stade Français-Biarritz n’est toujours pas remplie. Les Parisiens ne se comptent que 21, Mike James manquant à l’appel. La veille, sa femme Léa a été hospitalisée. « Dans la matinée, nous l’avons appelé pour qu’il nous rejoigne, explique Dominici. Il n’avait pas le moral, nous lui avons dit que nous avions besoin de lui. » Le Canadien arrive finalement dans les couloirs du Parc des Princes. Deux heures plus tard, il jouera un rôle décisif.

Retours au Parc
L’histoire de cette demi-finale de coupe d’Europe débute dès la fin du mois de mars lorsque l’ERC doit désigner le stade qui va l’accueillir. Ayant bénéficié du tirage au sort, les Parisiens doivent recevoir. Jean Bouin toujours trop petit, le Stade de France encore trop grand, les souhaits de Max Guazzini se portent sur le Parc des Princes que les Parisiens viennent de remplir lors de leur quart de finale et où ils ont cartonné les Anglais de Newcastle (48 à 8).

Par chance, à cette époque, les relations entre le Stade Français et le PSG étaient au beau fixe. « Je remercie le PSG et son président, Francis Graille, le club de Nice et aussi la Ville de Paris, déclara alors Guazzini. Nous avons montré notre savoir-faire pour le quart contre les Anglais de Newcastle, nous allons nous appliquer à réussir tout autant l’organisation de la demi. » Ce sera la première fois depuis 1992 et la finale perdue face à Toulon que Blanco et les Biarrots remettraient les pieds au Parc.

Le choc des champions
Mais c’est la semaine précédant le match que la tension s’élève véritablement. La presse commence à faire monter la sauce en rappelant les années où Blin et August se partageaient le poste de talonneur dans la capitale. En vain. « Nous n’étions pas vraiment potes, mais nous ne nous entendions pas trop mal », reconnaissait August.

En manque d’histoires croustillantes, les journalistes allaient se consacrer sur le sportif. Il est vrai aussi que l’affiche se suffisait à elle-même pour nourrir l’intérêt. Face-à-face, on allait avoir le champion de France 2003 et 2004 et le champion 2002. Difficile d’établir un pronostic, les deux équipes présentant notamment deux packs aux qualités similaires : des premières lignes puissantes, des deuxièmes lignes toniques et mobiles et des troisièmes lignes alliant mobilité et destérité. Certains s’avançaient néanmoins à donner un léger avantage aux Basques, larges vainqueurs le 26 mars en championnat 41 à 3.

Le Stade français serait aussi handicapé par plusieurs blessures et non des moindres : Hernandez, Corleto et Skrela (meilleur buteur de la compétition à ce stade avec 83 points marqués) étaient d’ores et déjà forfaits ; Liebenberg n’était quant à lui pas au mieux. Mais les Parisiens n’en paraissaient pas affectés : « « Ce sera le talent contre l’état d’esprit, pronostiquaient Dominici. A ce niveau, c’est déterminant. Avec cet ingrédient dans le moteur, on peut renverser des montagnes. » Il ne croyait pas si bien dire.

Stérilité
A la mi-temps, les Biarrots menaient 9 à 3. Ils avaient dominé mais n’avaient réussi qu’à concrétiser cette domination que par trois buts de Yachvili. Devant les caméras indiscrètes de Canal +, Serge Blanco (alors président de la LNR mais pas de Biarritz) s’adressa aux rouges et blancs : « Si vous continuez à jouer comme cela, vous allez au-devant d’une désillusion. Et nous avec. »

A la 65ème, ils crurent faire basculer la rencontre lorsque Traille planta le premier essai de la partie. Ils portaient alors leur avance à 17-6. Las, c’est dans les minutes suivantes que la partie allait se jouer. A la 69ème, Thomas Liévremont devait quittait la pelouse, blessé. Une minute plus tard, le centre Guillaume Boussès héritait d’un carton jaune et laissait ses coéquipiers à quatorze pour dix minutes.

Le Stade Français en profitait pour recoller au score, Jérôme Fillol, demi de mêlée replacé à l’ouverture, se jouant de la défense biarrote pour aplatir aux pieds des poteaux (13 à 17). C’est sur ce score que l’on atteignit la 80ème minute qui, pour le malheur du Biarritz Olympique, ne fut pas la dernière.

Match winner
L’Anglais Tony Spreadbury décidait en effet de faire jouer neuf minutes de temps additionnel. Neuf minutes pendant lesquelles les Biarrots perdirent  Imanol Harinordoqui sur blessures (c’est August, talonneur de métier, qui officia alors au centre de la troisième ligne) mais résistèrent tant bien que mal aux assauts Parisiens.

On touchait au bout des arrêts de jeu lorsque Mike James, entré en jeu une vingtaine de minutes plus tôt, se signala. Il volait la dernière munition sur une touche biarrote, la seule de l’après-midi pour les Parisiens. S’ensuivit une longue séquence de jeu où les Stadistes promenèrent la défense biarrote d’un bout à l’autre du terrain sans jamais parvenir à tromper la vigilance. Jusqu’à ce que Dominici ne ramasse la balle dans un regroupement et se faufile dans un trou pour aller marquer l’essai de la victoire.

Longtemps, l’ailier parisien resta allongé sur la pelouse du Parc. « Ce n’est pas dans mes habitudes, racontait  le héros de cette demi-finale. Normalement, après avoir inscrit un essai, je repars tranquillement me replacer. Mais là, la joie était trop intense. J’ai explosé. » Sur la touche, Fabien Galthié tombait dans les bras de Fabrice Landreau. En tribune, Max Guazzini descendait quatre par quatre les marches de la présidentielle : « Toute la semaine, j’ai pensé qu’on ne gagnerait pas ce match. Sur la fin, je n’y croyais plus. Quand Domi a marqué, je me suis surpris à hurler. »

Le Stade Français avait gagné le droit de se rendre à Edimbourg le 22 mai pour y affronter Toulouse (qui devait l’emporter le lendemain à Leicester). Son objectif : remporter enfin la coupe d’Europe pour effacer le souvenir de la défaite de 2001 face à Leicester dans ce même Parc des Princes.

SOURCES
« Stade Français – Biarritz aura lieu au Parc » : Le Parisien, 03 avril 2005
« Quand August retrouve Blin » : Le Parisien, 21 avril 2005
« Parisiens, Biarrots, mêmes ambitions » : Le Parisien, 22 avril 2005
« Gagner au Parc pour espérer » : Le Parisien, 23 avril 2005
compte rendu du match sur lequipe.fr, 23 avril 2005

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