Afrique du Sud 2007 : je vous trouve très bok

Avec les Boks, c’est souvent la même histoire. Ça  perd, ça polémique, ça jacasse, mais ça concasse aussi ses adversaires et ça finit par gagner. Ceux de Jake White n’ont pas dérogé à la règle.

« J’ai toujours dit que les équipes qui échouent dans leur préparation doivent se préparer à échouer, cela a été notre devise depuis que nous sommes ensemble (…) Nous savons exactement ce que nous allons faire. Nous avons gagné le Super 14 et le Tri Nations. Ils savent déjà qu’ils n’ont plus qu’à appliquer ce qu’ils ont appris depuis le début. Si vous vous êtes bien préparés, le reste n’a pas d’importance. »

« Cela a été quatre années de dur labeur, d’entraînement, de sacrifices, de découverte mutuelle. Mais nous n’avons pas vécu tout cela pour rien »

A la veille de la finale de la coupe du monde, Jake White, le manager des Springboks, martèle son message. John Smit, son fidèle capitaine, embraye : « Tout ce que l’on fait se retrouve dans la préparation. Tout s’est passé en un clin d’œil. Cela a été quatre années de dur labeur, d’entraînement, de sacrifices, de découverte mutuelle. Mais nous n’avons pas vécu tout cela pour rien. »

Reconstruction
Ce que John Smit a vécu, c’est déjà une coupe du monde 2003 catastrophique. Eliminés dès les quarts de finale, les Boks s’étaient coltinés une méchante polémique autour d’une préparation un peu trop musclée. La cible des attaques ? Le sélectionneur Rudolph Straeuli qui ne résista guère à la vérité des faits.

Pour le remplacer, la fédération fait appel à un ancien enseignant, Jake White. Même si son cursus d’entraîneur n’affiche que sa participation à la coupe du monde 1995 en tant que membre du staff des champions du monde, il concentre tous les espoirs du rugby sud-africain. Les premiers résultats de ses boks sont à la hauteur des attentes placées en lui : vainqueur des Tri-Nations en 2004 dès son intronisation, il obtient une honorable deuxième place l’année suivante.

White a alors dessiné les contours du groupe qu’il emmènera à la coupe du monde. Du groupe de 2003, il ne s’appuie plus que sur Smit, son capitaine, Botha, Matfield, Burger,Smith, Willemse et quelques autres. Les Sephaka, Krige, Hougaard, De Wet Barry, Terblanche ou Delport sont sauté ou sont sur le point de le faire.  Une nouvelle génération de joueurs dans la plus pure tradition springbok pointe son nez avec Schalk Burger, élu meilleur joueur du monde en 2004, comme figure de proue.

Adversité
Mais en 2006, la machine s’enraye. Les Boks terminent bons derniers des Tri-Nations après avoir encaissé un 0-49 face aux Wallabies. La tournée d’automne qui suit n’est guère plus réjouissante. White est alors sur la sellette. In extremis, il sauve son poste grâce à une victoire à Twickenham 25 à 14. « Cela a sauvé mon poste, reconnaissait-il a posteriori. Ce fut une étape majeure pour moi. Battre l’Angleterre à Twickenham, nous n’avions pas réalisé une telle performance depuis la saison 1997-1998. C’était un match à la vie à la mort où les mémoires des joueurs ont été marquées. »

« Nous avons connu beaucoup de hauts et de bas ces quatre dernières années, mais faire face à cette adversité nous a renforcés »

Selon lui, ce sont toutes ces critiques qui ont fini de souder son groupe en vue de la coupe du monde. « Nous avons connu beaucoup de hauts et de bas ces quatre dernières années, mais faire face à cette adversité nous a renforcés. C’est une chance. »

Soudés
C’est donc avec le groupe proche de qu’il avait en tête lors de sa prise qu’il emmène en France pour la Coupe du monde 2007. « Je l’avais en tête depuis quatre ans. Bien sûr, depuis le temps, les différentes circonstances et les blessures l’ont modifiée mais oui, je savais déjà qu’elle allait être mon équipe de départ contre l’Angleterre (1). »

Dans ce groupe, outre les joueurs évoqués précédemment, notons la présence de quelques bannis des années Straeuli comme Os du Randt, le pilier champion du monde 1995, que White est allé chercher dans sa ferme, Bobby Skinstad, relancé au dernier moment pour un ultime défi, ou l’arrière Percy Montgomery. A leurs côtés, toute une génération de talent émerge avec le talonneur Bismarck du Plessis, le demi de mêlée Fourie du Preez, le centre Jean de Villiers, l’ailier Bryan Habana ou le tout jeune arrière François Steyn.

« En 2003, les gars étaient seulement heureux d’avoir participé à l’événement. Mais quatre ans plus tard, les gars sont prêts à mourir pour arriver au bout »

Surtout, ce groupe est porté vers un même objectif : gagner pour effacer 2003. « En 2003, les gars étaient seulement heureux d’avoir participé à l’événement, prévenait John Smit à l’entame de cette coupe du monde. Mais quatre ans plus tard, l’équipe est soudée comme jamais et les gars sont prêts à mourir pour arriver au bout. »

Car c’est bien de la richesse de ce groupe que vint la victoire des Boks dans cette coupe du monde plus qu’à leur talent ou leur approche tactique. Même en ayant perdu Pierre Spies, leur numéro huit, juste avant l’épreuve, ou Jean de Villiers lors du premier tour, leur rendement ne baissa pas. Tout juste y eut-il une alerte en quart de finale contre les Fidji. « Il a alors fallu qu’on ferme ce quart de finale, se rappelle Smit, et on a finalement réussi à revenir vers l’avant ».

Le reste de l’aventure de ces Springboks, champions du monde 2007, une aventure pourtant commencée quatre ans auparavant, tient finalement dans cette philosophie : fermer de jeu et aller de l’avant. Ennuyeux.

(1) match clé du premier tour

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SOURCES
« Prêts pour la revanche » : sport 365, 4 septembre 2007
White : « L’Angleterre sera différente » : afp, 16 octobre 2007
« Jake White vante la préparation des Springboks » : reuters, 18 octobre 2007
« Jake White, l’homme sous providence anglaise » : reuters, 16 octobre 2007

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