Nouvelle-Zélande / Afrique du Sud 1981 : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

12 septembre 1981 : la tournée des Springboks en Nouvelle-Zélande touche à son terme avec un ultime test à l’Eden Park d’Auckland. Vainqueurs du 1er test à Christchurch (15 août – 14-9), les Blacks ont perdu le 2ème à Wellington (29 août – 12-24). Le test d’Auckland est donc décisif pour la victoire dans la série de tests. L’enjeu ? Tout simplement, la suprématie mondiale, comme à chaque fois depuis le début du siècle lorsque les Blacks rencontrent les Boks.

Mais cette tournée n’est pas une tournée comme les autres et ce test d’Auckland n’échappera pas à la règle. Des manifestations entre les anti-tournées et les pro-tournées émaillent tout l’avant match. Dans le stade, les forces de l’ordre sont en nombre. Il y a pourtant un élément qu’elles n’ont pas pensé à protéger : le ciel.

Tout au long du match, un avion fou, un Cessna,  survole le terrain, faisant pas moins de soixante-deux passages, parfois au ras des poteaux. A chaque passage, le pilote largue des brochures anti-apartheid, des fumigènes et mêmes des sacs de farine qui explosent au sol. L’herbe est couverte de plaques blanches et vers la fin du match, l’inévitable se produit: une « bombe » tombe directement sur un joueur, en l’occurrence Gary Knight, le puissant pilier droit des Blacks. Sonné, couvert de farine, Knight appelle le soigneur qui essaie de le ramener à ses esprits en l’aspergeant d’eau (1). Après cet incident, il faut quelques minutes pour rétablir l’ordre sur le terrain

Et côté rugby ? On toucha aussi à l’invraisemblable avec une fin de match hallucinante. Il ne restait que cinq minutes à jouer après l’incident dont fut victime Gary Knight. Les Blacks menaient 19-18, et l’arbitre Gallois Clive Norling demanda aux capitaines s’ils souhaitaient continuer. Tous les deux répondirent oui et le jeu reprit. L’ouvreur néo-zélandais Doug Rollerson réussit un drop des 30 mètres. 22-18 pour les Blacks mais les Boks ne renonçaient pas.

Il ne restait qu’une minute de temps réglementaire lorsque Naas Botha récupéra la balle après un plaquage. L’ouvreur Sud-Africain tapait à suivre, reprenait la balle, évitait deux défenseurs et envoyait l’ailier Ray Mordt dans l’en-but pour son troisième essais du match. Selon le tableau d’affichage, les 80 minutes étaient écoulées. Botha ratait la transformation en coin et avec ce score de 22-22, tout le monde pensait que c’était fini.

Mais, après de nombreuses interruptions pour cause de bombardement sur le terrain, Mr Norling faisait jouer les arrêts de jeu. Des arrêts de jeu interminables. 2 minutes, 5 minutes, 8 minutes jusqu’à ce qu’il siffle une pénalité pour la Nouvelle-Zélande à 45 mètres des poteaux. Alan Hewson transformait et les Blacks s’imposaient finalement 25-22

(1) Marx Jones, le bombardier d’Eden Park, écopera de deux ans de prison, dont six mois ferme

A LIRE
1981 : white riot

A VOIR
[vidéo] 1981 : les Boks en Nouvelle-Zélande

SOURCES
« 1981, la dramatique tournée des Springboks » : sportvox.com, 31 août 2010
« Nouvelle-Zélande 1981: le rugby rejoint par la politique » : rugby-nomades.qc.ca

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