Irlande / Argentine 1999 : coup de foudre à Felix Boallert

Woods et ses potes se voyaient déjà reprendre le ferry pour regagner leur Irlande. Dimanche, ils auront rendez-vous avec des Français moribonds dans leur antre de Lansdowne Road. Au bout ? La perspective de disputer la première demi-finale de coupe du monde de leur histoire. Mais avant tout ça, il y a Lens et ce match de barrage face aux Pumas.

 

« Nous n’aurons rien à perdre, tout ce que nous ferons à partir d’aujourd’hui ne sera que du bonus. Nous n’avons  jamais fait mieux dans une coupe du monde. » A la veille de ce match de barrage pour les quarts de finale de la coupe du monde 1999 entre l’Irlande et l’Argentine, Alex Wyllie, le coach néo-zélandais des Pumas, tient le discours classique de celui qui sait déjà avoir accompli son devoir. Et qui se décharge un peu plus du statut de favori sur les Irlandais.

Crise de croissance
Peu auraient parié sur la présence des Argentins à ce stade de la compétition quelques mois plus tôt lorsque des luttes internes rongeaient les Pumas. Il y eut d’abord la démission de l’entraîneur principal Jose Luis Imhoff, suivie quelques semaines avant le début du mondial de celle de son adjoint Hector Mendez.

C’est Alex Wyllie, directeur technique national depuis 1996, mais qui avait eu des différents avec les deux hommes, qui montait au créneau pour prendre en charge cette sélection. Sa mission était simple : renouer avec la victoire en coupe du monde, un goût auquel les Pumas n’avaient goûté qu’une seule fois en trois participations. C’était en 1987 contre les Italiens.

Sans révolutionner le rugby (une conquête forte, un leader indiscuté en la personne d’Agustin Pichot et un buteur fiable, Gonzalo Quesada), le kiwi allait faire mieux que cela. Après une défaite lors du match d’ouverture face aux Gallois (18-23), les Pumas gagnaient le droit de participer aux barrages à la faveur de leurs victoires sur les Samoa (32-16) et sur le Japon (33-12).

Optimisme
La présence des Irlandais à ce stade de la compétition était par contre prévue. Vaincus par les Australiens (3-23), ils remportaient leurs matchs face aux Etats-Unis (53-8) et à la Roumanie (44-14) pour terminer à la deuxième place d’une poule relativement faible.

Avant de se rendre à Lens où devait se dérouler ce match face à l’Argentine, le XV d’Irlande prenait ses quartiers du côté de Lille. Rapidement, les principaux blessés du 1er tour (Eric Miller et Just Bishop) se déclaraient opérationnels. Il en allait de même pour le capitaine Dion O’Cuinneagain qui avait dû sortir en raison d’une douleur à la cuisse lors du dernier match contre la Roumanie. Quant à David Humphreys, il était également rétabli de la béquille reçue contre l’Australie.

Du côté argentin, on n’affichait pas le même état de fraîcheur. Les Pumas devaient déplorer le forfait d’un de leurs leaders, Pedro Sporledder, qui oblige à repositionner Ignacio Fernandez-Lobbe en deuxième ligne et de faire appel Gonzalo Longo en numéro 8. Avant le match,au regard du rapport de forces, le manager irlandais Donal Lenihan se déclarait donc « plutôt optimiste » A la limite, l’objectif de la semaine des Irlandais, c’était ce quart de finale contre la France qui devait avoir lieu le dimanche suivant à Lansdowne Road…

L’enfer du nord
La première mi-temps fut d’un faible niveau, l’arbitre, l’Australien Stu Dickinson, sifflant pas moins de vingt pénalités. A ce jeu, ce furent les partenaires de Keith Wood qui se montrèrent les plus adroits, virant en tête au repos sur la marque de 15 à 9 (cinq pénalités d’Humphreys contre trois pour Quesada).

Cinq minutes après la reprise, l’avance irlandaise montait à 12 points (21-9), Humphreys ayant réussi une nouvelle pénalité puis passé un drop. Mais le XV d’Irlande qui alignait la même équipe que cinq jours plus tôt face aux Samoans à deux exceptions près (Reggie Corrigan et Kieron Dawson) commença à faiblir. Les Argentins en profitaient pour recoller au score, revenant à six points vers l’heure de jeu (24-18).

A la 73ème, l’ailier Diego Albanese pointait le premier essai (et seul) essai du match. Bien qu’en bord de touche, Quedasa prit le temps (trop au goût de la presse britannique) d’ajuster les perches pour donner pour la première fois l’avantage aux Pumas (24-25). L’Irlande tenta bien de reprendre l’avantage mais vendangea les occasions qui se présentaient à elle. Au contraire, à la dernière minute, une pénalité de Quesada parachevait la victoire des Pumas (24-28).

L’Irlande pouvait pousser sa petite crise et les Pumas prendre la direction de Paris où ils allaient célébrer leur succès. Quelques jours plus tard, ils retrouveraient le XV de France à Dublin pour le premier quart de finale de coupe du monde de leur histoire.

A LIRE AUSSI
Coupe du monde 1999 : la rétro

Ignacio Corleto : Puma’s fever

SOURCES
“Ireland’s wounded on mend” : irish independent, 18 octobre 1999
“Irish must play passing game to kill Puma threat” : irish independent, 19 octobre 1999
“Gatland called in for crisis summit” : irish independent, 22 octobre 1999

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