Les coupes du monde de Nick Farr-Jones

Si les Australiens ont un problème pour former des premières lignes de dimension mondiale depuis un moment, il est quelques postes où les talents ne manquent pas depuis quelques années. Et celui de cemi de mêlée en est incontestablement un. On se souvient évidemment de George Gregan, recordman mondial des sélections et champion du monde en 1991. Mais avant lui, il y eut Nick Farr-Jones.

Farr-Jones, c’est 63 sélections avec les Wallabies dont 36 comme capitaine. A 47 reprises, il fut associé à la charnière du XV australien à Michael Lynagh, un record qui depuis n’a été battu que par Troncon-Dominguez, puis l’autre grand duo australien Gregan-Larkham. Il attendu pourtant ses 18 ans et son entrée à l’université pour découvrir le rugby (1).

1987 : l’échec
Quatre ans plus tard, Farr-Jones est convoqué avec les Wallabies pour une tournée d’automne en Grande-Bretagne. Il est titulaire dès le premier match contre l’Angleterre à Twickenham, la première des quatre levées du premier Grand Chelem britanniques des Wallabies. Il est alors associé à la charnière avec Mark Ella.

« Nous avons eu énormément de difficultés à nous relever de notre défaite contre la France »

L’année suivante voit sa première association avec Lynagh et la naissance de la sainte-trinité australienne : Farr-Jones, Lynagh et Campese. L’équipe qui va participer à la première coupe du monde est en place. Fort de ses bons résultats depuis 1984 et de son statut de nation organisatrice, l’Australie fait figure de favori. Farr-Jones et ses copains durent pourtant déchanter en demi-finale face à la France. « Notre défaite face à la France en demi-finale de la Coupe du monde 1987, à Sydney qui plus est, nous avait fait vraiment mal, avoue-t-il. Nous avons eu énormément de difficultés à nous en relever ».

1991 : la conquête
Les conséquences immédiates de l’échec de la coupe du monde 1987, ce fut d’abord l’éviction du capitaine Andrew Slack et la nomination de Farr-Jones pour le remplacer. A 26 ans, il recevait la mission d’emmener les Wallabies à la coupe du monde 1991. Mais la presse s’interroge rapidement sur sa capacité à supporter la pression, notamment après le passage des Lions en 1989. Non seulement les wallabies ont encore perdu la série, mais Farr-Jones a subi la loi de son vis-à-vis Robert Jones.

L’année suivante, il est tout près de passer à la trappe. Dans la série pour la Bledisloe Cup, les Blacks mènent 2 manches à zéro et son assuraient de la victoire avant le dernier test. Mais, bien remobilisés par leur capitaine, les Wallabies gagnent à Wellington, une victoire que Farr-Jones célébra avec le jeune Tim Horan en plongeant nu dans le port de Wellington. Une victoire qui, surtout, redonna confiance aux Wallabies dans la perspective de la coupe du monde.

« Ce match contre l’Irlande reste l’un des moments les plus émouvants de ma vie. Les quatre dernières minutes sont comparables à la naissance d’un enfant »

« Je savais que cette coupe du monde serait ma dernière ce qui signifiait beaucoup de pression et beaucoup d’espoir », se souvient le demi de mêlée australien. Tout se passe bien pour lui jusqu’au dernier match de poule face au Samoa dont il sort blessé au genou. Cette blessure l’oblige à sortir avant la fin du quart de finale contre l’Irlande. Ce match reste pourtant comme l’un de ses meilleurs souvenirs de l’épreuve : « Ce match reste l’un des moments les plus émouvants de ma vie. Les quatre dernières minutes sont comparables à la naissance d’un enfant. C’est étrange de se dire que nous ne parlerions pas de ce match s’il n’y avait pas eu cette dernière action. Elle a changé beaucoup de choses dans ma vie » (2).

Sur le plan du jeu, la demi contre les Blacks, pour laquelle il retrouvait l’essentiel de ses moyens physiques, fut un autre sommet : « Ce match a été magnifique du début à la fin. En fait, les 40 premières minutes furent simplement les meilleures auxquelles j’ai participé. Ce fut la seule fois où nous avons joué exactement comme nous le voulions et c’était génial ».

La finale le fut beaucoup moins mais, comme souvent, les Wallabies parvenaient à l’essentiel : remporter la compétition. Farr-Jones continua deux ans avec les Wallabies, histoire de prouver qu’ils étaient bien la meilleure équipe du moment en reprenant la Bledisloe Cup aux Blacks, puis en battant les Boks pour leur retour sur la scène internationale. En 1993, il tirait sa révérence. George Gregan pouvait pointer son nez.

(1) De 6 à 13 ans, il ne s’intéressait qu’au football. Libéro, il devint même capitaine de la province du new South Wales
(2) Menés15-18 à quelques minutes de la fin du match, les Australiens ne durent leur salut que sur une action géniale à la dernière minute.

A LIRE AUSSI
Wallabies 1991: les professionnels
Coupe du monde 1991 : la rétro

A VOIR
Image de la semaine : Nick Farr-Jones et la coupe du monde 1991

SOURCES
« Nick Farr-Jones – 1991 » : bbc, 18 novembre 2003
Interview : L’équipe magazine, 25 août 2007

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