Les coupes du monde de Fabien Galthié : 2003

Après deux mises à l’écart en 1995 et 1999, Galthié est cette fois un titulaire indiscutable en équipe de France. Bernard Laporte en a même fait son capitaine à partir de 2003. Le joueur est au sommet de sa forme, une forme récompensée par un titre honorifique de meilleur joueur du monde en 2002.

Quelques mois avant la coupe du monde, il a mis un terme à sa carrière en club par son seul titre de champion de France. Mais, même s’il sait que c’est sa dernière compétition, ce n’est pas un pré-retraité qui arrive en Australie. Galthié a confiance dans le plan de jeu d Laporte et Brunel et nourrit de grandes ambitions pour cette coupe du monde.

Sa sélection
« Les choses ont changé. J’ai pris une autre dimension dans le paysage du rugby national et international. Je suis élu en 2002 joueur de l’année par l’IRB ; en équipe de France, je suis capitaine. Je sais que pour moi c’est la dernière. J’ai fini mon contrat avec le Stade français sur un titre de champion de France, et j’ai décidé de ne pas prolonger quoi qu’il arrive. Je fais la Coupe du monde comme amateur. J’ai une licence, une couverture, je suis rémunéré par la fédération, mais je suis sans contrat de travail. »

« Je fais la Coupe du monde comme amateur. J’ai une licence, une couverture, je suis rémunéré par la fédération, mais je suis sans contrat de travail »

« Nous arrivons sur cette Coupe avec une stratégie nouvelle, une stratégie offensive, une véritable organisation. ça a très bien fonctionné jusqu’à ce France-Angleterre. On passait 40 points minimum à chaque équipe… Minimum. La charnière marchait bien, Frédéric Michalak était à 100 % de réussite dans ses tirs au but, il était la révélation de la compétition. »

L’ouverture face aux Fidji
« J’étais arrivé à maturité. Je ne calculais pas, je prenais tout. Je n’avais aucune contrainte, le stade de Brisbane était exceptionnel, il me semblait qu’on avait basculé dans une ère encore plus moderne pour le rugby. Le stade était plein, 50.000 spectateurs. Nous avions fait un match d’une propreté, d’une clarté impeccables. Je ne me rappelle plus du score… 61-18, enfin un très bon match, complet individuellement  et collectivement. Il n’y avait que des satisfactions dans une ambiance très bon enfant. »

Le quart contre l’Irlande
« Quart de finale à Melbourne. Le match de rêve, face à une bonne équipe. Une fois de plus tout est parfait, le match, la préparation. On balaye les Irlandais. »

« Et puis cette accolade à Keith Wood. Je lui dis adieu. C’était lui ou moi, nous le savions, nous nous étions vus au mois d’août pour le tournage d’une pub. C’était notre fin de carrière à tous les deux, notre dernier truc. »

La demi contre l’Angleterre
« Il s’est mis à pleuvoir deux heures avant le coup d’envoi de notre demi-finale. A cause de la pluie, le terrain est plus gras, plus lourd, le ballon est plus difficile à contrôler dans un jeu de passes. Or nous avions une équipe dynamique, pas une équipe puissante. Il fallait jouer un autre rugby, et dans cet autre rugby, d’occupation, de jeu au pied, de maîtrise sur la conquête, on a été dominés par les Anglais. Ils n’ont pas marqué d’essai, mais ont concrétisé tous leurs temps forts grâce à leur buteur, qui a mis trois drops. Il nous a tués. On a parlé de plan B à l’époque. Mais c’était quoi ce plan B ? Le buteur qui met ses coups de pied ? Dans ce cas, on aurait été devant. »

« Ce match, tu peux le refaire dix fois, je mentirais si je disais que ça s’est joué à peu de chose, ça n’est pas vrai »

« Ça me fait marrer cette histoire. Il ne faut pas chercher, on a perdu collectivement. Le plan B était de savoir jouer dans des conditions difficiles, et les Anglais ont été meilleurs que nous. On n’avait pas les armes, ou on n’était pas prêts pour le rugby anglo-saxon sous la pluie.»

« Ce match, tu peux le refaire dix fois, je mentirais si je disais que ça s’est joué à peu de chose, ça n’est pas vrai ! Ils ont pris le large lentement et ils ont gagné logiquement. »

Fin de carrière
« Je sais après le match [contre l’Angleterre] que je ne jouerai pas la petite finale. Ce n’était pas logique. Je l’annonce sur France Télévisions. On m’en a voulu de ne pas l’avoir fait en conférence de presse juste après le match, mais j’ai pris la décision dans les heures qui ont suivi. Voilà, c’était mon dernier match de rugby ! »

« Quand je rentre le dimanche matin, ma famille m’appelle pour m’apprendre le décès d’un être cher. Je pensais déjà être remplaçant et pas titulaire pour la petite finale. Bernard et Jo m’ont dit de rentrer. Le jeudi matin, pendant qu’ils jouaient pour la troisième place, j’assistais aux obsèques. »

LES COUPES DU MONDE DE FABIEN GALTHIE
Sa coupe du monde 1991
Sa coupe du monde 1995
Sa coupe du monde 1999

A LIRE AUSSI
Coupe du monde 2003 : la rétro

SOURCES
« Fabien Galthié : le retour de l’oublié » : La dépêche, 15 octobre 1999
« Galthié ouvre l’album aux souvenirs » : Le Parisien, 8 octobre 2003
Fabien Galthié : «On sait ce qu’on vaut, la vérité sort du terrain» : Libération, 5 septembre 2007
Cédric Beaudou, Lionel Chamoulaud, « Paroles de capitaines » : Mango Sport, 2007

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