Coupe du monde 2003 : la Nouvelle-Zélande hors-jeu

John O'Neill, responsable du projet australien

En 2003, comme en 1987, la Nouvelle-Zélande et l’Australie devaient accueillir la coupe du monde. Mais à la différence de 1987, en 2003, la coupe du monde est un événement commercial très rentable pour l’IRB. Apparemment, les Néo-Zélandais ne l’avaient pas très bien compris.

« Aujourd’hui, c’est l’argent qui a gagné, proteste Murray McCaw, le président de la fédération néo-zélandaise. La NZRFU soutient que si la coupe du monde est l’occasion de développer le jeu en le présentant à l’ensemble de la planète, alors il n’y a pas de meilleur endroit que la Nouvelle-Zélande pour le faire. Au final, cela n’a pas été suffisant pour convaincre l’IRB. Il semble que le conseil ait davantage tenu compte de l’argent que rapporterait le projet australien à la place de la solution initiale de co-organiser l’évènement ».

En ce mois d’avril 2002, la Nouvelle-Zélande vient de perdre l’organisation de la coupe du monde qu’elle devait accueillir un an et demi plus tard avec l’Australie. Mais comment en est-on arrivé là ? Tout d’abord, il y a donc la désignation par la Rugby World Cup Limited de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande pour accueillir la cinquième édition de la coupe du monde.

Il y a aussi un cahier des charges très strict qui doit permettre à l’organisme d’engranger un maximum de revenus pendant une coupe du monde. Et visiblement, la Nouvelle-Zélande n’est pas en mesure de le respecter. Trois griefs sont reprochés à la fédération néo-zélandaise : premièrement, elle n’est notamment pas en mesure d’assurer que tous les panneaux publicitaires présents sur ses stades seront retirés pendant la coupe du monde ; deuxièmement, elle ne peut pas garantir que les loges réservées à l’année par de riches clients seront libérées pour le programme d’hospitalités de la RWC ; enfin, elle ne dispose pas du financement suffisant pour aménager ses stades à défaut d’en construire de nouveaux.

Excédé, l’IRB, par l’intermédiaire de sa filiale commerciale, la RWC Ltd, menace donc en mars 2002 la Nouvelle-Zélande de lui retirer l’organisation de la coupe du monde. Dans le même temps, pour assurer ses arrières, elle demande aux Australiens de monter un dossier prouvant qu’ils sont capables d’accueillir seuls l’événement.

Un mois plus tard, jugeant acceptable le projet présenté par l’Australie et n’ayant pas enregistré d’avancée significative côté néo-zélandais, elle décide de confier aux seuls Australiens l’organisation de la coupe du monde 2003. Dans son communiqué, l’IRB critique la Nouvelle-Zélande pour son « comportement totalement inapproprié ».

Très commerçant, John O’Neill, le pilote du projet australien, promet alors aux Néo-Zélandais qu’ils ne seront pas lésés dans l’histoire : « Je suis certain que les Néo-Zélandais vont se rallier derrière les All Blacks comme ils l’ont toujours fait. Inutile de dire qu’il y a des ajustements à prévoir et nous allons les faire en commençant par mettre à disposition davantage de billets pour les supporters néo-zélandais. Nous nous sommes fixés des échéances importantes pour nous assurer que l’évènement sera à la hauteur des attentes des amateurs de rugby ». L’événement fut effectivement une réussite à tout point de vue pour les Australiens qui, au passage, infligèrent une deuxième défaite aux Néo-Zélandais, sur le terrain sportif cette fois.

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