1995 : la coupe du monde de François Pienaar

François Pienaar n’a participé qu’à une seule coupe du monde, sans doute la plus belle, celle de 1995, chez lui, en Afrique du Sud. Il raconte comment il a vécu cet événement.

Invictus, le film de Clint Eastwood, raconte par le détail l’histoire de François Pienaar et sa relation particulière avec Nelson Mandela avant et pendant cette coupe du monde 1995. Inutile donc de revenir dessus. Ce que le film ne dit pas, c’est que, quand débute cette coupe du monde, Pienaar est déjà un joueur confirmé, vainqueur de deux Currie Cup (1993 et 1994) et d’un Super 10 (1994) avec sa province du Transvaal. C’est aussi surtout un meneur d’hommes qui fut capitaine des Springboks à chacune de ses 29 sélections.

L’attente de l’événement
« Ça peut paraître banal mais j’ai toujours cru que nous pouvions gagner. Le noyau de l’équipe était constitué par les joueurs du Transvaal qui avaient remporté 42 matchs de suite et qui avaient remporté le Super 10. Il n’y avait donc aucun doute sur le talent de cette équipe. »

« Nous avions fait une bonne saison mais c’est l’Australie qui représentait l’équipe à battre »

« Je crois que l’attente venait davantage de l’équipe elle-même que de son environnement. Le public sud-africain espérait certainement que nous fassions un bon parcours. Mais nous avions une équipe jeune et qui venait juste de sortir de l’isolement. Nous avions fait une bonne saison mais c’est l’Australie qui était la grande favorite. Ils avaient été invaincus pendant douze mois et ils représentaient l’équipe à battre. »

L’ouverture contre l’Australie
« C’était un match très important. A l’époque, la plupart des gens pensaient que la Nouvelle-Zélande était favorite mais en fait, c’était les Australiens. Ils avaient une équipe fantastique. Il suffit de regarder leurs lignes arrières avec Gregan, Lynagh, Campese, Horan ou Little. Ils avaient un nombre considérable d’excellents joueurs mais notre préparation a été formidable et nos entraîneurs nous ont placés dans les meilleures conditions. »

« Avant le coup d’envoi, alors que la tension était énorme, notre coach, Kitch Christie, a commencé à rire en nous regardant. « Les gars, je n’aimerais pas jouer contre vous ! ».

La demi contre la France
« Si le match n’avait pas eu lieu, nous aurions été éliminés. Le match aurait été annulé et c’est l’équipe avec le dossier disciplinaire le plus lourd qui aurait été déclarée perdante. Cela aurait été injuste d’autant plus que l’expulsion de James Dalton avait été très dure. Ce sont les Canadiens qui nous avaient agressé (…) Nous avons pris un bel avantage et je me suis dit : « si nous nous accrochons à cela, nous serons en finale ». C’était le pire qui pouvait nous arriver. Nous nous sommes mis à protéger notre avance plutôt que d’attaquer. «

« Si le match n’avait pas eu lieu, nous aurions été éliminés »

« A la fin, j’ai cru que Benazzi avait marqué. Je suis sorti du ruck pour voir si nous avions assez de temps pour reprendre le score. Mais l’arbitre Derek Bevan se trouvait dans une position parfaite et il manquait finalement quelques centimètres à Benazzi. »

La finale contre les Blacks
« L’ambiance avant cette finale était incroyablement tendue. Certains gars en ont même été malades. Vous ne pouvez pas l’imaginer mais cette heure et demi de match représentait tant dans nos vies. La pression était donc sur nous. L’Afrique du Sud pouvait-elle le faire ? »

« Vous ne pouvez pas l’imaginer mais cette heure et demi de match représentait tant dans nos vies »

« J’étais dans les vestiaires avant la finale contre les Blacks lorsque Nelson Mandela est arrivé avec le maillot des Boks pour nous souhaiter bonne chance. Quand il s’est retourné, j’ai vu mon nom et mon numéro six dans le dos. J’étais si fier, si ému que, pendant les hymnes, je serrais tellement fort les lèvres avec les dents que je me suis mis à saigner. »

« Quand nous sommes arrivés sur le terrain, il y avait des sirènes et des cris. C’était comme dans un film. Ce fut finalement un soulagement de commencer à jouer. »

La remise du trophée
« Au coup de sifflet final, je suis tombé à genou. Je suis chrétien et je voulais faire une prière pour avoir pris part à cet événement merveilleux. Pas pour avoir gagné. Puis tout à coup, j’ai réalisé que toute l’équipe était autour de moi et ça a été un moment spécial. »

« J’aurais presque voulu étreindre Nelson Mandela mais je suppose que ce n’était pas très approprié »

« Quand Nelson Mandela est arrivé, il m’a juste dit : « merci beaucoup pour ce que vous avez fait pour l’Afrique du Sud ». Je lui ai simplement répondu : « merci pour ce que vous avez fait ». J’aurais presque voulu l’étreindre mais je suppose que ce n’était pas très approprié. Ensuite j’ai soulevé le trophée ce qui a été un moment incroyable. Je ne saurai vous décrire suffisamment bien mon sentiment à ce moment-là. »

L’hommage de Mandela
« Quelques mois après notre victoire, un coup de fil a retenti à la maison. Mon fils Jean était né quatre jours auparavant. C’était lui, « Madiba », « Félicitations. Est-ce que je peux être le parrain ? » Imaginez un peu… Il lui a donné un surnom xhosa, « Nkalele », qui veut dire leader. Quelques années plus tard, nous avions rendez-vous chez lui à Johannesburg. Dès notre arrivée, mon autre fils, Stephane, a demandé à Mandela : « pourriez-vous être aussi mon parrain ? » Stephane a reçu le surnom de « Gorha », le brave… Ces relations privilégiées avec Mandela ont fait de moi un homme heureux. C’est un mythe d’avoir été soutenu par un mythe et d’avoir pu partager quelques moments avec lui par la grâce d’un événement qui a marqué notre pays. »

A PROPOS DE LA COUPE DU MONDE 1995
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A VOIR
La coupe du monde 1995 par Francois Pienaar
[vidéo] Afrique du Sud-France 1995
[vidéo] Nelson Mandela par François Pienaar

A LIRE AUSSI
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SOURCES
« Francois Pienaar – 1995 » : bbc, 24 septembre 2003
« 1987-2007 : vingt ans de coupe du monde » : L’équipe magazine, 25 août 2007

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