Les coupes du monde de Raphael Ibanez : 2007

Retiré des affaires internationales après la coupe du monde 2003, Ibanez tente l’aventure anglaise aux Saracens d’abord, puis aux Wasps où il va enfin connaître la joie des titres en club (champion d’Angleterre et vainqueur de la H Cup en 2007).

« Je crois avoir surpris beaucoup de personnes qui n’y croyaient que vaguement, à commencer par Bernard Laporte lui-même… »

Entre temps, il revoit sa position et fait son retour avec le XV de France à l’automne 2005. « J’ai connu le doute, de 2003 à 2005, avant de fournir les efforts pour revenir en équipe de France, retrouver le capitanat, et même devenir le talonneur le plus capé au monde, dépassant mon idole Sean Fitzpatrick. C’est peut-être le moment de ma carrière dont je suis le plus fier, car je crois avoir surpris beaucoup de personnes qui n’y croyaient que vaguement, à commencer par Bernard Laporte lui-même… »

Le retour du capitaine
Servat out en raison d’une blessure aux cervicales, Ibanez se réinstalle au talonnage du XV de France et va prendre le dessus sur son jeune rival, Dimitri Szarzewski. Peu avant la coupe du monde, en toute discrétion, il est même nommé capitaine.

« J’ai tout de suite voulu être au plus près des hommes. Je pensais que c’était très important »

« J’ai tout de suite voulu être au plus près des hommes. Je pensais que c’était très important. La fonction de capitaine, c’est toujours un statut un peu particulier dans une équipe, et dans le rugby ça met encore plus en relief la nécessité d’aller dans le cœur des hommes. C’est l’acceptation des différences de chacun dans un objectif commun, et il fallait être vigilant pour ne laisser personne sur le bord de la route. C’est la raison pour laquelle j’ai beaucoup parlé à chacun, je suis resté à l’écoute pour ne rien laisser passer. »

Les choix de Laporte
« L’idée, très vite affirmée par l’encadrement, était qu’il n’y aurait pas d’équipe type et qu’on allait gagner à 30. C’était le leitmotiv. Mais le « on gagne à 30 » était peut-être plus facile à dire qu’à réaliser. Cela a pu déstabiliser certains joueurs car nous n’avions aucune certitude sur le match suivant. Même pas moi. Quelques-uns, par crainte, ne se sont pas exprimés. En tant que capitaine, cette compétition a été mentalement une des plus dures à gérer. J’ai dû parler au cœur de mes hommes. Le coach voulait mettre tout le monde sur un pied d’égalité jusqu’au match décisif. On ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir maintenu cette stratégie. »

L’ouverture contre les Pumas
« La préparation se passe presque trop bien, et c’est ce qui fait que je dis après la défaite contre l’Argentine que je ne l’ai pas vu venir. Tous les voyants étaient au vert, on n’avait aucune raison de s’inquiéter, d’autant que j’avais le sentiment que la force mentale était exceptionnelle, et le ciment de notre force collective. On a vraiment souffert ensemble au cours d’une préparation longue et ardue, et je n’ai rien à reprocher au niveau de l’état d’esprit. C’est ce qui nous a soudés, et l’après-match contre l’Argentine a vraiment été facilité par tout ça. »

La demi contre l’Angleterre
« J’en ai parlé avec mes coéquipiers des Wasps et ils considèrent que leur qualification relève du miracle parce qu’ils n’étaient appliqués que sur un seul plan de jeu. Mais de notre côté, on a réduit nos chances de gagner ce match, on a plus joué pour ne pas le perdre que pour le gagner. C’est ça qui reste au fond de moi (…) On a fait preuve d’application, on a été pragmatique, mais je ne sais pas pourquoi on n’arrive pas à être meilleurs offensivement. »

« Ce qui a causé la perte de l’équipe de France, c’est le manque d’ambitions de l’équipe »

« Ce qui a causé la perte de l’équipe de France, c’est le manque d’ambitions de l’équipe. Avec le recul, je pense qu’il y a une forme de conditionnement sur le jeu. Nous n’avons pas été assez ambitieux face à l’Angleterre. »

La petite finale contre les Pumas
« Il faut reconnaître la qualité de l’équipe d’Argentine, qu’ils profitent de leur médaille, mais il ne faut pas trop les encenser parce qu’ils ont eu sur le terrain des comportements qui ne sont pas dignes de joueurs de rugby. Je dois les remercier parce qu’en deux fois 80 minutes, j’ai appris toutes les insultes possibles en espagnol. »

LES COUPES DU MONDE DE RAPHAEL IBANEZ
Sa coupe du monde 1999
Sa coupe du monde 2003

A LIRE AUSSI
Coupe du monde 2007 : la rétro
Coupe du monde 2007 : les chiffres
Argentine 2007 : le cœur des hommes

SOURCES
Cédric Beaudou, Lionel Chamoulaud, « Paroles de capitaines » : Mango Sport, 2007
« Raphaël Ibanez a retrouvé la passion d’être Tricolore » : associated press, 9 novembre 2005
« Ibanez : confession d’un capitaine » : Le Figaro, 29 novembre 2007
« J’ai peut-être été trop loyal envers Laporte » : Libération, 1er décembre 2007
« Ibañez arrête, c’est officiel » : lequipe.fr, 10 janvier 2008

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