Portugal 2007 : le prix à payer

Comme l’Espagne en 1999 ou la Russie cette année, le Portugal est l’invité surprise de la coupe du monde 2007. Retour sur l’aventure de cette équipe.

« Pour nous, on est déjà champions parce que notre Coupe du monde c’était d’y être ». Tomaz Morais, le sélectionneur portugais, ne se fait pas d’illusion au moment de mettre le pied en France. Il sait que son équipe n’a aucune expérience et peu de talent comparativement aux monstres qu’elle va affronter. Les Portugais sont voués à faire de la figuration.

La présence du Portugal en coupe du monde tient déjà de l’exploit. Car en matière de rugby, le Portugal avec ses 4.300 licenciés et ses 57 clubs, c’est un nain. Privé de coupe du monde en 1999 par l’Uruguay, l’ascension des Loups (surnom des Portugais, os Lobos) va se faire progressivement dans tout au long des années 2000. A la base, il y a une bonne équipe de 7 qui remporte cinq titres européens consécutifs à partir de 2002.

Ensuite, il y a le déclic avec la victoire dans le Tournoi des 6 nations B en 2004, un sacre qui arrive au soir de la dernière journée de la victoire des Portugais sur les Espagnols, des Espagnols qui tombaient en troisième division européenne.  C’est avec cette équipe que les Portugais allaient attaquer les qualifications pour la coupe du monde 2007. Vainqueur du Maroc dans un premier barrage (10-5 puis 16-15), ils gagnaient leur qualification lors d’un second barrage face à l’Uruguay (12-5 puis 12-18).

Malgré ses faibles moyens, le Portugal va essayer d’optimiser son potentiel pour faire bonne figure en France. Le gouvernement investit ainsi un million d’euros pour restaurer l’Estadio Nacional et en faire une sorte de Marcoussis portugais. Le groupe étant essentiellement composé d’amateurs (ils ne sont que quatre à évoluer à l’étranger), les joueurs sont obligés de demander des congés exceptionnels à leurs employeurs en échange de quoi la fédération les indemnise à hauteur de 1.300 euros par mois pour les salariés et 600 euros par mois pour les étudiants.

« Il fait toujours la plupart des exercices physiques avec nous. Comme ça, il peut nous tester lui-même. »

La préparation dure trois mois, avec une forte dose de physique histoire de combler le retard avec les autres nations, le tout mener par Tomaz Morais. C’est lui l’âme de cette équipe. Centre de la sélection portugaise dans les années 1990, il a été contraint de mettre un terme à sa carrière à 26 ans sur blessure. Il s’est ensuite formé au métier d’entraîneur, notamment en appliquant les principes de Pierre Villepreux qu’il a côtoyé à Toulouse.

Morais est surnommé le Mourinho du rugby parce qu’il partage avec lui le goût de la rigueur et un vrai charisme. « Intelligemment, il sait tirer le meilleur de nous-mêmes, confirme le demi de mêlée. Il fait toujours la plupart des exercices physiques avec nous. Comme ça, il peut nous tester lui-même. »

« Le sacrifice n’est pas un vain mot au Portugal. Comme mes joueurs manquent de gabarit, ils sont obligés de sortir les tripes à chaque rencontre pour pouvoir rivaliser »

« Les points forts de mon équipe, ce sont la solidarité et la combativité, analyse Tomaz Morais. Le sacrifice n’est pas un vain mot au Portugal. Comme mes joueurs manquent de gabarit, ils sont obligés de sortir les tripes à chaque rencontre pour pouvoir rivaliser. Si notre défense est efficace, elle le doit à une combativité sans faille. J’ai aussi des joueurs rapides, adroits et instinctifs. Peu importe l’endroit où mes hommes se situent sur le terrain, ils ont pour ordre de jouer un maximum de ballon, de dynamiser en permanence. »

Morais et le Portugal arrive donc en France avec pour objectif d’apprendre et d’honorer le maillot.  « Je vois notre équipe comme un survivant, quelqu’un qui n’a jamais perdu de vue ses objectifs et qui souhaite gagner, explique Morais. Nous essayerons de surprendre chacun de nos adversaires à chaque minute de chaque match. »

Il n’y eut évidemment pas de miracle. Battus par l’Ecosse en ouverture (10-56), les Portugais étaient logiquement fessés par les All Blacks à Lyon (13-108). Ils limitaient ensuite les dégâts face à l’Italie (5-31) avant de perdre le seul match pour lequel ils manifestaient quelques ambitions, celui contre la Roumanie (10-14). Dernier de leur poule, les Portugais pouvaient rentrer chez eux avec au moins le sentiment d’avoir fait honneur au maillot.

SOURCES
« Les « Loups » portugais doivent se faire les crocs » : associated press, 3 septembre 2007
« Guide de la Coupe du monde de rugby 2007 » : L’Equipe, 6 septembre 2007
« Atlas de la Coupe du monde de rugby 2007 » : Midi Olympique, Hors-série

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