John Eales : sa coupe du monde 1999

A l’entame de la coupe du monde 1999, John Eales est déjà un monument du rugby australien et une référence à son poste dans le monde. Déjà champion du monde en 1991, il a vécu la régression des Wallabies jusqu’à la coupe du monde 1995 et le renouveau qui s’ensuivit. Un renouveau dont il fut l’un des principaux acteurs puisqu’il était le capitaine de cette sélection australienne. Il raconte sa coupe du monde.

Le souvenir de 1995
« C’est à partir de l’échec du Mondial 1995, en quarts de finale contre l’Angleterre (22-25) que nous avons essayé de construire la meilleure équipe du monde. Nous avons pris conscience des détails à modifier pour être à nouveau champion. L’équipe a alors accepté de changer sa manière de fonctionner. Cela nous a pris un peu de temps. C’est peut-être pour cela que nous n’avons pas été très performants les années précédant la coupe du monde. »

L’entrée dans la compétition
« Vous ressentez toujours un peu de pression au moment d’entrer dans une compétition comme celle-là mais nous étions habitués à cela et nous étions prêts à y faire face. Les All Blacks étaient les favoris, les Springboks, les champions du monde en titre et l’Angleterre, l’espoir local.  Les projecteurs étaient donc braqués sur ces équipes et nous avons pu nous préparer tranquillement et monter en puissance. »

Le quart contre le Pays de Galles
« Nous n’avons pas rencontré de problème mais c’était un soulagement de terminer premier de poule et d’éviter ainsi les matchs de barrage en milieu de semaine. Nous étions donc assez confiants au moment d’affronter les Gallois en quart de finale. Ils avaient été plutôt bons jusqu’alors et nous avions retenus la leçon du quart de finale contre l’Irlande en 1991. Je me souviens qu’il pleuvait ce jour-là mais qu’ils n’avaient pas fermé le toit. Ça aurait été beaucoup mieux pour le spectacle. »

La demi-finale contre les Boks
« Ce fut un match passionnant. Il n’y a jamais eu plus de six points d’écart entre les équipes tout au long du match. Les deux équipes ont jeté toutes leurs forces dans cette partie. Il n’y a pas eu d’essai mais le match fut plutôt agréable. »

« Il y a eu une tension incroyable lorsque nous avions trois points d’avance dans les arrêts de jeu. Il y a eu cette faute de Finegan dans un ruck. Nous savions que Jannie de Beer réussirait cette pénalité. Aucun de nous ne se sentait vidé. Nous nous sommes simplement regroupés sous les poteaux et nous nous sommes préparés pour les prolongations. J’étais fatigué et mes mollets me faisaient mal mais tout le monde était dans le même état. »

La finale contre la France
« Après les émotions provoquées par la demi-finale, nous étions un peu inquiets avant la finale. Mais nous étions aussi rassurés parce que nous avions prouvé que nous pouvions jouer 20 minutes de plus s’il le fallait tout en gardant le calme nécessaire lorsque la tension montait. »

« Nous avions vu comment les Français avaient pris le dessus sur les All Blacks et je me suis dit que s’ils l’avaient fait contre eux, ils pourraient le faire contre n’importe quelle autre équipe. Nous étions tous un peu inquiet à ce moment-là d’autant que nous connaissions les forces des All Blacks que nous avions affrontés en préparation de cette coupe du monde. »

« Je me suis réveillé le matin de la finale en me disant que ce jour-là, ma vie pouvait aller dans deux directions : être champion du monde ou ne pas l’être. Ce fut un sentiment spécial et pas particulièrement rassurant. »

« C’est toujours un peu flou de se souvenir de tous les événements mais il y en a deux qui me reviennent spontanément à l’esprit : le premier essai de Ben Tune et le deuxième d’Owen Finegan. Une fois qu’il a marqué, je savais qu’on avait gagné. »

« A la fin du match, je me suis tourné vers la première personne qui passé pour célébrer ce moment avec folie. Puis j’ai réalisé que c’était la reine qui devait me remettre le trophée. Je me suis dit « assure-toi de ne pas jurer » et que c’était vraiment excitant de représenter cette équipe et le rugby australien. J’ai ressenti une immense satisfaction parce que nous avions atteint ce que nous voulions, c’est-à-dire un objectif que certains d’entre nous s’étaient fixés quatre ans auparavant. »

1999 vs 1991
« Le titre de 1999 est très différent de celui de 1991 ! Collectivement, je ne pense pas que le premier titre soit meilleur que le deuxième. Ce sont deux moments fantastiques. Mais en ce qui me concerne, 1999, c’était un moment plus significatif. J’appartenais à une équipe qui était partie au bas de l’échelle. »

SUR LA COUPE DU MONDE 1999
Coupe du monde 1999 : la rétro
Wallabies 1997-2001 : la méthode McQueen
[vidéo] La coupe du monde 1999 par John Eales
Irlande / Argentine 1999 : coup de foudre à Felix Boallert
Les coupes du monde de Fabien Galthié : 1999
Les coupes du monde de Raphael Ibanez : 1999

SOURCES
« John Eales – 1999 » : bbc, 24 septembre 2003
« 1987-2007 : vingt ans de coupe du monde » : L’équipe magazine, 25 août 2007

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