Brian Lima : le chiropracteur

Michael Jones, le sélectionneur samoan se lamente : « c’est une tragédie pour Lima, pour les Samoa et pour le rugby. Brian joue au rugby depuis 18 ans, il n’a jamais été cité de sa carrière et on le prive de son dernier match de rugby.  » C’est vrai que depuis le début de sa carrière, Brian Lima n’a jamais été cité une seule fois. Au regard des vidéos qui circulent sur internet, des vidéos montrant des placages tous plus appuyés les uns que les autres, on se demande bien pourquoi. Mais cette fois, un placage appuyé de trop sur Jonny Wilkinson aura raison du vieux guerrier samoan : il prendra trois semaines de suspension, une suspension synonyme de fin de carrière internationale.

C’est en 1991 que le monde du rugby découvre Brian Lima. Il joue alors ailier et sa réputation n’a pas dépassé les îles samoanes où il évolue au club des Marist Saint Joseph. Mais ses placages désintégrant, ses essais (deux) et le beau parcours de la sélection samoane dans cette coupe du monde font commencer à le faire connaître. Il est vrai aussi qu’il n’a que 19 ans et 255 jours lorsqu’il débute en coupe du monde ce qui en fait encore le plus jeune joueur à avoir joué dans l’épreuve.

L’édition 1995 qui l’emmène une nouvelle fois en quart de finale va confirmer sa réputation. Il marque encore des essais autant qu’il marque les esprits par ses placages. Lima va profiter de ces performances et du passage au professionnalisme pour monnayer son talent. Il signe d’abord aux Auckland Blues. Il y côtoie les meilleurs Blacks du moment (dont Michael Jones, son futur sélectionneur) et décroche un titre en super 12 en 1997. L’année suivante, il rejoint les Hurricanes.

Après la coupe du monde 1999,  il tente l’aventure européenne en rejoignant le Stade Français. Malgré des prestations décevantes, il repartira de Paris pour le Pays de Galles et Swansea, un titre de champion dans la poche. Il gagnera un autre titre de champion, celui du Pays de Galles en 2002. Ses prestations en Europe autant que son charisme sur ses jeunes compatriotes en font une figure majeure du rugby samoan et c’est tout naturellement qu’il embarque pour l’Australie et une quatrième coupe du monde.

Son parcours après cette coupe du monde semble plus chaotique. Sa signature avec le club japonais de Secom laisse présager une préretraite. Mais on le retrouve au printemps 2005 pour une pige de trois mois avec le Munster, une pige qui lui permet de signer un dernier contrat pro avec le club anglais de Bristol et de viser un cinquième mondial en 2007.

C’est tout simplement un record. A son arrivée en France, Lima est même un des centres d’intérêt des médias. « Cela signifie beaucoup pour moi, explique-t-il. Je ne crois pas qu’il existe un autre joueur ayant disputé cinq Coupe du monde. Je pense que j’ai été retenu parce que je m’entraîne toujours et que je n’ai jamais eu de grosses blessures. J’ai toujours fait attention à moi pour que ma carrière dure le plus longtemps possible » Après avoir échoué deux fois en quart de finale, il rêve d’atteindre les demi-finales. Un placage, sa marque de fabrique, aura raison de ses espoirs.

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