France 1995 : la compétition

Malgré ses victoires contre le Tonga (38-10) puis contre la Côte d’Ivoire (54-18), l’entrée en matière du XV de France ne convainc pas. « Piètre performance du XV de France pour son match d’ouverture contre les Tonga, écrit Jacques Verdier. Ce fut miracle pour tout dire que la France, forte de deux pénalités de Lacroix, mais la gueule ouverte sous cette marée du Pacifique, atteigne la pause sur le score très flatteur de 6-0. N’était d’ailleurs le dernier quart d’heure du match, à quinze contre quatorze, naturel retrouvé et superbe essai de Saint-André, les Français eurent toutes les peines du monde à sortir de cette somme d’à-peu-près par où s’immisce le doute. »

1er tour
Ce qui étonne par contre, c’est cette ligne de trois-quarts aux crânes rasés. « Un an et demi plus tôt, Philippe Saint-André et William Téchoueyres, alors que l’équipe de France se trouvait là en tournée, avaient émis le vœu que l’on se rase de le crâne, se rappelle Philippe Sella. Tout le monde avait refusé. Mais ce soir-là, les trois-quarts sont restés dans la salle de vie, l’ambiance était agréable et détendue. Il m’a semblé que c’était le moment idéal pour répondre – même à retardement – au vœu de notre capitaine. Les apprentis coiffeurs se sont déclarés. Nous avons agi dans le plus grand secret du reste du groupe. »

« Les apprentis coiffeurs se sont déclarés. Nous avons agi dans le plus grand secret du reste du groupe »

Sur le terrain, le XV de France va jouer sa qualification en quart de finale contre l’Ecosse de Gavin Hastings, la même équipe d’Ecosse qui était venue l’emporter au Parc l’hiver précédent. Longtemps malmené, il ne doit son salut qu’à un essai d’Emile Ntamck dans les arrêts de jeu. « Dans les moments forts, je n’oublie pas l’ultime minute de France-Ecosse, dernier match de la première phase, raconte Sella. Première place en jeu pour éviter les Blacks en quart de finale. Une pénalité pour la France près de la ligne. Aubin Hueber joue à la main pour Christophe Deylaud, Christophe me fait la passe, je trouve Abdel Benazzi en soutien qui provoque la défense à l’impact. Le ballon est libéré, l’action se prolonge dans le même sens et là, une passe sautée profite à Emile N’Tamack qui plonge en coin. »

Phase finale
Si la France l’emporte (22-19), elle perd deux joueurs sur ce match : Accocceberry, son demi de mêlée, et Benetton, le troisième ligne titulaire. Berbizier rappelle Galthié et Cigagna mais aucun des deux n’est titulaire pour le quart de finale contre l’Irlande. Un quart de finale sans histoire, remporté 3612, mais qui n’enflamme toujours pas les observateurs. Gerald Davies, l’ancien ailier du XV de Galles, confie à Jacques Verdier : « la France se contente de peu. Elle ne peut pas espérer grand-chose si elle s’en tient à se rugby haché entre toutes ses lignes »

« La France se contente de peu. Elle ne peut pas espérer grand-chose si elle s’en tient à se rugby haché entre toutes ses lignes »

Vient ensuite le rendez-vous de Durban avec l’Afrique du Sud, la pluie, l’essai de Kruger et la charge de Benazzi. « A quelques minutes de la fin, un essai m’a été refusé, qui nous aurait donné la victoire, se souvient le deuxième ligne. Je suis persuadé d’avoir aplati sur la ligne, mais celle-ci était effacée du fait des intempéries ce jour-là… Et surtout, à l’époque, il n’existait pas d’arbitrage vidéo. Tout le monde était énervé à cause de la décision de l’arbitre. Dans le vestiaire, Thierry Lacroix criait qu’il y avait bel et bien essai. Moi, je me suis tout de suite levé pour dire « Non, il n’y était pas ». J’ai dit cela pour éviter qu’on se démobilise pour le match de la 3ème place. »

Battue 15-19, la France est éliminée. « Je revois toujours après la défaite contre l’Afrique du Sud, les larmes d’Abdel Benazzi et Olivier Roumat, rappelle le capitaine, Philippe Saint-André. Le passé est le passé mais tout au long du match il y a eu pas mal de décisions arbitrales en notre défaveur et que l’on pourrait qualifier de surprenantes. »

« On est allés faire la fête avec eux jusqu’à deux heures du matin. Tout cela arbitré par le golfeur sud-africain Ernie Els ! On a bien rigolé avec eux »

Pour se consoler, il reste la petite finale contre l’Angleterre et celle-là, les Français ne veulent pas la prendre à la légère. Le contentieux avec les Brittons est trop fort. Ils battent les hommes de Carling 19-9 et terminent cette coupe du monde à la 3ème place. « On a rencontré l’Angleterre en petite finale et on l’a battue, explique Benazzi. Chose qui ne n’arrivait pas depuis 1988 ! Mais les Anglais sont venus nous voir dans les vestiaires pour échanger leurs maillots. Ensuite, on est allés faire la fête avec eux jusqu’à deux heures du matin. Tout cela arbitré par le golfeur sud-africain Ernie Els ! On a bien rigolé avec eux. C’était une belle manière de clôturer ce Mondial en Afrique du Sud. »

SUR CETTE EQUIPE

 

TOUT SUR LA COUPE DU MONDE 1995

ALIRE AUSSI

SOURCES

  • Jacques Verdier, « Chroniques ovales » : Midi Olympique Editions, 2006
  • « 100 ans de XV de France » : Midi Olympique Editions, 2006
  • « Le guide de la coupe du monde 2007 » : L’Equipe, 6 septembre 2007
  • « Atlas de la coupe du monde de rugby 2007 » : Midi Olympique, hors-série
  • « Spécial coupe du monde 2011 » : Sud-Ouest, hors-série
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