Nouvelle-Zélande-France 1999 : l’avant-match des Néo-Zélandais

Du côté des Blacks, on est plutôt serein. On n’a pas encore rencontré de véritable dans cette coupe du monde. On a des joueurs de classe, surtout chez les trois-quarts. Si tout se passe bien, cette demi-finale ne doit être qu’une aimable répétition avant la finale.

« Les All Blacks ont semblés intraitables sur toutes les phases de jeu et à tous les stades de la compétition quand les Français semblaient désorganisés et brouillons contre les adversaires les plus faibles, peut-on lire sur le site de la BBC à la veille de ce match. La route des deux équipes jusqu’en demi-finale pouvait difficilement être plus différent ».

Ces All Blacks sont impressionnants. Partout. Vainqueurs des Tri-Nations (malgré une défaite record face aux Wallabies 7-28), ils ont dominé les Anglais dans leur jardin de Twickenham lors des matchs de poule et n’ont fait qu’une bouchée des Ecossais, vainqueur du dernier Tournoi, en quart à Murrayfield.

« Je n’avais jamais vu une équipe où les trois-quarts font plus mal que les avants quand on veut les plaquer »

Les Français n’ont surtout pas oublié la raclée subie en juin à Wellington (7-54). « Nous n’avions jamais été mis en difficulté devant, se rappelle Arnaud Costes, troisième ligne lors de la débâcle. Ils ne faisaient pas mal, les chocs n’étaient pas violents, nous ne les sentions ni méchants, ni agressifs, ni costauds. En revanche, derrière, chaque fois qu’ils recherchaient l’impact, ils te brisaient. Je n’avais jamais vu une équipe où les trois-quarts font plus mal que les avants quand on veut les plaquer. »

La ligne de trois-quarts des Blacks est « monstrueuse » avec des joueurs comme Jeff Wilson, Christian Cullen, Tana Umaga et Jonah Lomu. C’est Bernat-Salles qui va être opposé au colosse tongien et la perspective de ce duel ne l’enchante guère : « Je vais devoir lui sauter dessus et appeler mes partenaires à la rescousse car un seul homme est généralement insuffisant pour le faire tomber » confie-t-il alors.

« Je vais devoir lui sauter dessus et appeler mes partenaires à la rescousse car un seul homme est généralement insuffisant pour le faire tomber »

Les Blacks sont forts et ils le savent. C’est ce qu’écrit le New Zealand Herald : « Sur ce qu’ils ont montré cette année, une défaite face aux Français n’est pas possible. Ils ont gagné quatre matchs de suite dans cette coupe du monde mais aucune de ces victoires n’a été convaincante. Ils ont aussi beaucoup de joueurs de talent blessé et leur pilier Califano est suspendu ».

« Comment pouvons-nous perdre puisque nous sommes si forts… »

John Hart tient un discours poli face à la presse. « Les équipes des 5 nations n’ont pas la capacité à se créer des espaces sous la pression, la France l’a, dit-il une première fois. Ils sont beaucoup plus dangereux en attaque que les autres équipes. » Une autre fois, il déclare : « Nous avons le plus grand respect pour eux. La France est vraiment l’équipe sur la scène internationale qui peut les plus grandes performances à n’importe quel moment. Nous sommes sur nos gardes. » Mais au détour d’un énième entretien, il lâche : « Comment pouvons-nous perdre puisque nous sommes si forts… »

Sûr, si sûr de sa force, le sélectionneur néo-zélandais se permet même d’opérer un changement majeur dans son quinze de départ en écartant son demi de mêlée titulaire, Justin Marshall, pour le jeune Byron Kelleher (22 ans et une poignée de sélections). « Il est la meilleure option pour le jeu que nous voulons mettre en place » se justifie Hart.

Le XV de départ
Jeff Wilson – Tana Umaga, Christian Cullen, Alama Ieremia, Jonah Lomu – Andrew Mehrtens, Byron Kelleher – Taine Randell (cap), Josh Kronfeld, Reuben Thorne –Robin Brooke, Norm Maxwell – Craig Dowd, Anton Oliver, Carl Hoeft.
Remplaçants: Daryl Gibson, Tony Brown, Justin Marshall, Andrew Blowers, Royce Willis, Kees Meeuws, Mark Hammett.

Face à cette assurance généralisée, une assurance qui confine à de l’arrogance, Chris Laidlaw se distingue en mettant en garde ses compatriotes dans les colonnes du New Zealand Herald. D’après ce que je peux voir, il n’y a pas un observateur en Nouvelle-Zélande, ni même en Angleterre qui ne considère pas la France avec désinvolture, comme un insecte agaçant se plaçant sur la route d’une équipe promise à la finale contre l’Australie ou l’Afrique du Sud » écrit-il.

« Une défaite contre la France à ce stade de la compétition serait le pire des cauchemars. Imaginez l’inimaginable »

L’ancien demi de mêlée des Blacks poursuit : « L’histoire du rugby est ponctuée de nombreuses histoires d’équipes dont on était sûr de la victoire mais qui n’ont pas réussi à le faire parce que leurs opposants avaient jeté toutes leurs forces dans la bataille. Et nous devrions le savoir mieux que quiconque (…) Les Français, plus que toute autre équipe, peuvent passer du ridicule au sublime, presque par accident, et avec une soudaineté qui peut désarçonner n’importe quel adversaire. Nous le savons assez bien. Nous y avons été confrontés suffisamment souvent par le passé pour être prudents. Et pourtant, une vague de mépris déferle sur les Français. C’est exactement ce dont ils ont besoin. »

« Une défaite contre la France à ce stade de la compétition serait le pire des cauchemars. Imaginez l’horreur. Imaginez la tête qui tomberait. Imaginez l’inimaginable » conclut-il.

A PROPOS DE CE NOUVELLE-ZELANDE-FRANCE  1999

SUR LA COUPE DU MONDE 1999

SOURCES

  • « French flair meets All Black might » : bbc, 29 octobre 1999
  • « Marshall axed by All Blacks » : bbc, 29 octobre 1999
  • Chris Laidlaw, « We must not write the French off » : New Zealand herald, 30 octobre 1999
  • « Loss to France does not bear contemplation » : New Zealand herald, 30 octobre 1999
  • « Le XV de France et la coupe du monde » : L’Equipe Saga, numéro 4août 2011
  • « Le match le plus renversant » : L’Equipe magazine, 25 août 2007
  • Christophe Lamaison, « les paroles de Raphaël Ibanez » : Midi Olympique, le guide de la coupe du monde 2007
  • « Spécial coupe du monde 2007 » : Sud Ouest, juin 2011
  • Cédric Beaudou, Lionel Chamoulaud, « Paroles de capitaines » : Mango Sport, 2006
  • Richard Escot, « Les exploits du XV de France » : Solar, 2003
  • Ian Borthwick, « France-All Blacks : 100 ans de rencontres » : Au vent des îles, 2006
  • « Après la déconfiture, les kiwis sont verts » : Libération, 4 novembre 1999
  • « Le plus grand match de l’après-guerre » : L’humanité, 2 novembre 1999
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