Australie – France 1987 : après le match

Les Français ne sont pas champions du monde mais ils se savent beaux. C’est d’ailleurs ce que tout le monde leur dit au soir de ce match. Alors ils vont en profiter…

« L’équipe de France vient d’écrire une des pages les plus glorieuses de son histoire. Non seulement elle va disputer la finale de la première Coupe du Monde, mais surtout elle a remporté l’un des matchs les plus fabuleux qui soit, bien fait pour rejoindre dans la légende ceux de Swansea, Ellis Parl, Spring, Auckland, Nantes. Même engagement, même agressivité, mêmes odeurs fortes mais en plus un rythme fou, des adversaires jamais résignés comme ce fut le cas à l’automne dernier et surtout un extraordinaire spectacle au bout d’un fabuleux suspense »

« Il y eut un tel vertige de mouvements, de renversements et de prouesses techniques en 80 minutes irrespirables que l’on peut dire du XV de France qu’il vient de gagner « le match des matchs. »

Au lendemain de cet exploit, la presse français déborde d’enthousiasme à l’image du Midi Olympique. Dans L’Equipe, Denis Lalanne écrit : « On peut affirmer que jamais l’équipe de France n’a réussi semblable  performance sur tous les fronts du moral, de la force, du rythme, de la méthode et de la galanterie (…)  Il y eut un tel vertige de mouvements, de renversements et de prouesses techniques en 80 minutes irrespirables que l’on peut dire du XV de France de Daniel Dubroca, vainqueur de dix matchs de rang, qu’il vient de gagner « le match des matchs. ». »

La presse étrangère saluera également comme il se doit l’exploit français. C’est notamment le cas du Sunday Telegraph dans lequel on peut lire sous la plume de John Reason : « Je ne pensais pas vivre assez vieux pour revoir un match qui atteindrait le niveau de celui joué par les Barbarians et les All Blacks à Cardiff en 1973. Mais celui-ci y est parvenu »

« Nous avions une envie féroce de pousser plus fort qu’eux, de sauter  plus haut, de leur rentrer dedans »

Du côté des joueurs, on souligne la performance des avants. « Nous avions une envie féroce de pousser plus fort qu’eux, de sauter  plus haut, de leur rentrer dedans » explique ainsi Daniel Dubroca. Laurent Rodriguez poursuit : « On a été beaucoup plus présents qu’eux dans le combat et je crois qu’on les a surpris. Je m’attendais à les trouver plus rudes, plus méchants même. Non, cela s’est passé à la régulière. L’engagement était intense sans plus. L’objectif des Australiens était de nous priver de ballons en touche, et ils n’y sont parvenus qu’en partie. »

Alain Lorieux, qui ne fut jamais aussi monstrueux de présence que lors de ce match, conclut : « C’était un match dur tel qu’on les aime. Ce sont les Anglais qui nous ont ouvert la voie : on s’est aperçu qu’ils les faisaient tomber au sol et que c’était le meilleur moyen de les perturber, de mettre notre emprise sur le jeu. »

Les Français sont évidemment conscients d’avoir réalisé quelque chose de grand. Ils vont s’attarder sur le stade de leur exploit pour profiter au maximum de l’instant. « Après la douche, en costumes, nous sommes retournés sur la pelouse, se rappelle Serge Blanco. Certains savent, comme Daniel Dubrica, notre capitaine, qu’ils ne reviendront plus jamais jouer ici. Le moment est merveilleux, les mots qui se disent sont forts, intimes. Pascal (Ondarts), notre pilier basque, se met à chanter et, tous ensemble, nous entonnons le répertoire du rugby français : « Montagne Pyrénées », « il est un coin de France », « Les fêtes de Mauléon » et les autres. Nous sommes seuls, entourés de quelques supporters, et éclairés par le spot de la caméra de Marc Métairon. »

« Jamais on ne s’était dit : « On y va pour être champion du monde ». Quelque part, notre victoire en demi-finale nous suffisait »

Il se souvient aussi qu’ « après la victoire, la nuit a été longue. On a fait une fête énorme, sans retenue malgré la perspective de la finale contre les Blacks. Aujourd’hui, j’ai compris notre erreur. Notre objectif de départ était de déjouer les pronostics, d’empêcher une finale entre deux pays, entre les maîtres du rugby du sud. Jamais on n’avait vu plus loin, jamais on ne s’était dit : « On y va pour être champion du monde ». Quelque part, notre victoire en demi-finale nous suffisait. »

A PROPOS DE CET AUSTRALIE-FRANCE  1987

SUR LA COUPE DU MONDE 1987

SOURCES

  • « La grande histoire de la coupe du monde de rugby » : L’Equipe édition, 2011
  • Richard Escot, « Les exploits du XV de France » : Solar, 2003
  • « Atlas coupe du monde de rugby France 2007 » : Midi Olympique, hors-série, 2007
  • « France – Australie : Sydney dans la légende : Midi Olympique, juin 1987
  • « 13 juin 1987 : le match des matchs » : rugby-nomades.qc.ca
  • « Le XV de France et la coupe du monde de rugby » : L’Equipe Saga, n°4, août 2011
Publicités
Tagué , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :