Les flops de la coupe du monde : Irlande 2007

O’Connell, Stringer, O’Gara, D’Arcy, O’Driscoll… En 2007, tous ces noms font rêver. Ils font surtout des Irlandais un outsider sérieux pour la coupe du monde. Ils sortiront finalement piteusement au soir du premier tour.

Un groupe à maturité
Si elle ne fait partie des grands favoris de la coupe du monde, à l’été 2007, l’Irlande figure tout de même parmi les principaux outsiders dans la course au trophée William Webb Ellis. Elle dispose d’une génération brillante qui arrive à maturité et a montré au cours des dernières saisons qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleurs.

Quart de finaliste de la coupe du monde 2003 (éliminée par la France), l’Irlande n’a pas gagné de tournoi entre les deux échéances mondiales, souvent barrée par la France, mais elle a fait preuve d’une belle régularité avec trois Triples Couronnes : 2004, 2006 et 2007. Surtout, à l’automne 2006, elle a livré une série de tests brillants contre les nations du sud, avec notamment deux victoires convaincantes face aux Boks (32-15) et aux Wallabies (21-6).

« Nous avons une bonne équipe et la qualité des joueurs n’est pas un problème, il n’est donc pas anormal qu’on attende beaucoup de nous-mêmes »

Les Irlandais se savent dès lors attendus lors de cette coupe du monde mais ils ont confiance en eux comme le rappelle Paul O’Connell : « Nous avons une bonne équipe et la qualité des joueurs n’est pas un problème, il n’est donc pas anormal qu’on attende beaucoup de nous-mêmes ». Leur groupe regorge effectivement de joueurs de talents. Devant, outre O’Connell qui est alors considéré comme l’un des tous meilleurs deuxièmes lignes du monde, ils peuvent compter sur Jerry Flannery, Denis Leamy, David Wallace…

A la charnière, on retrouvera la charnière inamovible du Munster Stringer-O’Gara. Pas particulièrement géniale mais terriblement efficace, elle sait mettre dans les meilleures conditions une ligne de trois-quarts dans laquelle on retrouve les O’Driscoll, D’Arcy, Dempsey, Horgan, Murphy, Hickie…

Une préparation inachevée
Le XV d’Irlande commence par suivre une phase de préparation physique à base de cryothérapie. Mais lorsqu’il retrouve les terrains le mois suivant, les effets de cette préparation se font attendre. Les Irlandais sont battus en Ecosse 21-31 avant de battre difficilement l’Italie 23-20. « Ce n’est pas en jouant comme cela que l’on battra la France, confie alors Girvan Dempsey. En attaque on est trop prévisible »

« Ce n’est pas en jouant comme cela que l’on battra la France. En attaque on est trop prévisible »

Pour parfaire cette préparation, les Irlandais ajoutent un match contre l’Aviron Bayonnais. Malgré la large victoire (42-6), ce match va laisser des traces. Heurté, parfois violent, il fait une victime de marque côté irlandais, Brian O’Driscoll sortant du terrain le sinus fracturé par un coup de poing de Richard Dourthe. Il sera indisponible pour les deux premiers matchs de la coupe du monde. L’Irlande étant dans le groupe de la France, et étant présentée comme son plus sérieux adversaire, on commence à spéculer sur un coup monté des français pour écarter la star irlandaise avant l’affrontement du 21 septembre que l’on pressent décisif.

Le parcours des Irlandais
Pas encore totalement au point au moment d’entamer leur tournoi, les Irlandais comptent sur leurs deux premiers matchs contre des nations de seconde zone pour monter en puissance. Il sera ensuite temps de donner le meilleur contre la France et d’assurer la qualification contre l’Argentine. Mais au lieu de monter en puissance, les hommes d’O’Driscoll semblent s’enliser dans leur marasme de match en match.

Ils remportent d’abord une difficile victoire contre la Namibie (32-7). Une semaine plus tard, ils ont toutes les peines du monde à venir à bout des modestes Géorgiens. Ils gagnent 14-10 mais laissent échapper un point de bonus offensif qui leur était promis et qui pourrait peser lourd dans le décompte final.

« Il va falloir du temps pour laisser passer la déception et se rendre compte que l’on rentre chez nous »

Le 21 septembre au Stade de France a lieu le match tant attendu contre la France. Battus d’entrée par les Pumas, les Français n’ont d’autre choix que de l’emporter. Cette fois, ils ne se ratent pas et l’emportent nettement sur des Irlandais impuissants (25-6). Malgré la défaite, l’espoir demeure chez les Irlandais qui restent en course pour la qualification. Murphy rappelle d’ailleurs : « Si nous prenons le point de bonus et empêchons l’Argentine d’en prendre un, nous nous qualifierons quand même ».

L’aventure s’arrête au Parc des Princes où les Argentins imposent leur loi à une triste équipe d’Irlande : 30-15. Avec neuf points, les Irlandais terminent troisièmes de la poule D, loin derrière l’Argentine (18 points) et la France (15 points). Elle est éliminée. « C’est très dur, confesse le capitaine O’Driscoll au soir de la défaite face aux Pumas. Il va falloir du temps pour laisser passer la déception et se rendre compte que l’on rentre chez nous ». On aura confirmation plus tard que le groupe irlandais était miné par des conflits internes, les tensions entre joueurs du Munster et du Leinster prenant le pas sur le sentiment d’unité nationale.

A LIRE AUSSI SUR LA COUPE DU MONDE 2007

SOURCES

  • « L’Irlande portée par une brillante génération » : associated press, 3 septembre 2007
  • « L’Irlande dos au mur après la défaite contre les Bleus » : reuters, 22 septembre 2007
  • « L’Irlande groggy » : sport 24, 1er octobre 2007
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