Nouvelle-Zélande – France 1987 : après le match

Dans les vestiaires, ce n’est pas la joie côté français. Les Blacks sont les plus forts, c’est certain. Ce sont aussi de grands seigneurs.

« Un des souvenirs les plus forts de cette finale se passe après, dans le vestiaire, quand les Blacks poussent deux haka. C’était vraiment impressionnant et ça m’avait pris aux tripes d’entendre ça. J’étais malheureux d’avoir perdu, mais en même temps j’étais heureux pour eux. Je sentais tout ce que ça représentait pour les Néo-Zélandais, que pour eux, gagner cette coupe du monde, c’était vraiment quelque chose. »

« Bien sûr que j’ai de la peine. Il me semble que c’est humain »

Pierre Berbizier vient de résumer l’état d’esprit qui anime les Français au soir de cette finale : de la tristesse mais aussi un immense respect pour leurs vainqueurs. Daniel Dubroca, le capitaine français, insiste sur ce sentiment de tristesse : « Bien sûr que j’ai de la peine. Il me semble que c’est humain. Tu te rends compte, jouer une finale de coupe du monde… Combien de sportifs français en ont joué une ? Nous. C’est tout. On aurait tant voulu, en plus, la gagner… »

Il poursuit : « Nous avons manqué notre match. Dire pourquoi ne sera pas facile. Ça pourrait se résumer à une formule toute bête mais tellement vraie : ils nous ont pris, nous n’avons rien pu faire (…) Ils ne nous ont laissé aucun intervalle, pas un espace. Alors on a tenté de les prendre à  leur jeu, comme à Nantes. Ça n’a pas marché. C’est peut-être de notre faute, c’est certainement beaucoup de la leur. » Dans Libération, Fouroux avouera : « Cela fait cent ans qu’ils jouent de la même façon. Mais s’il y a un peuple au monde qui mérite d’être sacré champion du monde, c’est bien les Néo-Zélandais. »

« S’il y a un peuple au monde qui mérite d’être sacré champion du monde, c’est bien les Néo-Zélandais »

Au lendemain de la finale, les All Blacks rendront visite à leurs adversaires vaincus, pour leur rendre hommage. Un geste qui marque profondément les Français comme en témoigne Berbizier : « Ce qui m’a le plus impressionné, c’est ce qui s’est passé le lendemain, lorsque sept ou huit All Blacks sont passés à notre hôtel, le Mon Désir à Takapuna. Etre capable de faire ça, d’aller saluer leurs adversaires le lendemain d’une finale, il faut quand même le faire, et c’est là que j’ai compris qu’ils étaient champions du monde. J’ai pris une belle leçon et je me suis dit que si nous avions été champions du monde, nous n’aurions pas eu cette classe-là. Ils n’étaient pas obligés de venir, et jamais je n’aurais imaginé que le XV de France serait allé saluer l’adversaire le lendemain. Ça m’avait marqué, frappé, renforcé dans l’idée que je me faisais des All Blacks. Mais là, je me suis dit, « ce sont de vrais champions du monde ».

A PROPOS DE CE NOUVELLE-ZELANDE-FRANCE  1987

SUR LA COUPE DU MONDE 1987

SOURCES

  • Ian Borthwick, « France-All Blacks : 100 ans de rencontres » : Au vent des îles, 2006
  • « Le XV de France et la coupe du monde de rugby » : L’Equipe Saga, n°4, août 2011
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