H Cup 2006-2007 : la rétro

Des Français et des Irlandais que l’on annonce comme favoris et qui passent à la trappe dès les quarts… Une finale de championnat d’Angleterre… Et surtout une compétition qui, financièrement et sportivement, trouve ses marques… C’est ce qu’il faut retenir de cette coupe d’Europe 2006-2007

Une nouvelle dimension pour la coupe d’Europe
« Au début, on jouait contre des Roumains, des Italiens, des clubs modestes, et nous, nous étions un peu des amateurs, se rappelle Thomas Liévremont, le 3ème ligne du Biarritz Olympique. Aujourd’hui, on rencontre des équipes anglo-saxonnes avec l’intensité, la rudesse des chocs du niveau international. C’est le summum du rugby européen »

« Les Français sont les moteurs de l’Europe. En délocalisant leurs stades, ils ont apporté un plus »

Pour sa 12ème édition, la Coupe d’Europe de rugby affiche une belle santé après une saison 2005-2006 marquée par un grand succès populaire. Les délocalisations ont attiré 160.000 spectateurs dans les stades en quart de finale. Pour la finale, à Cardiff, dans le même stade (ou presque) où à peine plus de 20.000 personnes s’étaient réunies pour la première finale de la coupe d’Europe, c’est un stade plein et joyeux qui a assisté au sacre du Munster face à Biarritz. « Les Français sont les moteurs de l’Europe, confesse Jean-Pierre Lux. En délocalisant leurs stades, ils ont apporté un plus »

Conséquence de ce succès populaire ? Les droits télé explosent. France Télévision s’apprête ainsi à débourser 12,5 millions d’euros par an, sur quatre ans, pour s’assurer des droits de diffusion de l’épreuve. Canal +, son concurrent, ne proposait « que » 45 millions sur quatre ans.

Désormais, plus personne ne fait la fine bouche au moment d’aborder la coupe d’Europe et surtout pas les Français qui s’alignent à sept au départ de cette édition et qui ont bien compris quel était leur intérêt économique autant que sportif. Marcel Dagrenat, le président de l’USAP, le reconnaît volontiers : « La coupe d’Europe a toujours été un objectif, faire un quart à Barcelone une obsession ».

« La coupe d’Europe a toujours été un objectif, faire un quart à Barcelone une obsession »

Le premier tour
Avec les provinces irlandaises, les grosses écuries françaises font d’ailleurs figure de favoris à l’orée de cette coupe d’Europe. On attend aussi des Anglais revanchards après une campagne 2005-2006 décevante. Comme c’est devenu une habitude, les Irlandais qualifient le Munster et le Leinster, ces derniers au détriment des « orange » d’Agen qui disputaient leur première véritable coupe d’Europe, pour les quarts de finale.

Les Brittons sont également bien présents au rendez-vous. Les Wasps de Dallaglio et Ibanez prennent le dessus sur Perpignan dans la poule A. Leicester fait jeu égal avec le Leinster dans la poule D. Enfin, Northampton accroche l’une des deux places de meilleurs deuxièmes.

Les Français vont par contre être décevants. Annoncé parmi les principaux favoris, Toulouse se fait piéger par Llanelly qui vient s’imposer à Ernest Wallon avant de se qualifier. Seuls Biarritz, dans une poule facile où figuraient les Italiens de Parme et les Ecossais des Borders, et le Stade Français, premier d’une poule autrement plus relevée avec les Anglais de Sale et les Gallois des Ospreys, décrochent leur billet pour les quarts de finale.

De son côté, Bourgoin poursuit son histoire d’amour tumultueuse avec la coupe d’Europe en terminant dernier de la poule D (celle de Leicester et du Leinster) avec zéro point. On est loin de l’ambition qu’affichait Julien Bonnaire au début de la compétition lorsqu’il déclarait : « Nous espérons ne perdre aucun match à la maison afin de ne pas être trop loin des quarts de finale »

Les phases finales
En quarts de finale, les résultats sont assez logiques avec trois fois sur quatre l’avantage du terrain qui s’avère déterminant. Les Scarlets confirment ainsi leurs bonnes prestations du premier tour en sortant les tenants du titre à la maison (24-15). Les Wasps n’éprouvent que pu de difficultés à se défaire du Leinster à Londres (35-13) ce qui n’est pas le cas de Leicester qui ne se qualifie que d’un petit point à Welford Road face à un Stade Français vaillant  (21-20). La seule surprise vient d’Espagne où le Northampton de Christian Labit prend le dessus sur le Biarritz Olympique.

On retrouve donc trois clubs anglais et une province galloise en demi-finale. Dans l’opposition 100% anglaise, les Wasps font chercher leur place pour Twickenham à Northampton en effectuant une démonstration de force (30-13). Leicester les rejoint en mettant fin à l’aventure des Scarletts (33-17)

La finale
London Wasps contre Leicester Tigers à Twickenham : c’est donc une affiche 100% anglais que nous propose cette coupe d’Europe. Comme l’année précédente, le stade fait le plein. On annonce les Tigers favoris mais ce sont bien les Wasps qui s’imposent logiquement 25-9. On retiendra notamment de cette finale, deux combinaisons en touche autour de Raphael Ibanez qui aboutirent à deux essais décisifs, l’un d’eux étant signé du capitaine français. « Nous n’avons pas été très réguliers au cours de cette saison, mais dans nos bons jours nous sommes excellents » jubile Joe Worsley.

SOURCES

  • « H Cup : chacun prêche la prudence » : Libération, 4 octobre 2006
  • « Les clubs français en catimini en Europe » : Libération, 20 octobre 2006
  • « La coupe d’Europe fait recette » : Midi Libre, 19 octobre 2006
  • « Le savant mélange des Wasps » : sport 24, 21 mai 2007
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