France 1968 – Le match de Grenoble

[3/6] ALORS QUE LA FRANCE S’ENTHOUSIASME POUR LES JEUX OLYMPIQUES DE GRENOBLE, LES RUGBYMEN FRANÇAIS S’EN VONT GAIEMENT DISPUTER UNE PETITE PARTIE FACE A LA SELECTION DU SUD EST. LE PARFAIT GUET-APENS…

Vint l’heure du match de Grenoble face à la sélection du Sud-Est. Ce qui devait être une fête se transforma en une opposition féroce entre les partisans de Gachassin et ceux des Cambérabéro. Les partisans des Cambé, écartés du XV de France, en profitèrent pour mettre la pression sur les sélectionneurs afin qu’il les rappelle au détriment notamment de Gachassin qu’ils jugeaient trop fantasque.

« Le dimanche, personne ne mettait un pied devant l’autre et l’équipe du Sud-Est a battu l’équipe de France »

Du côté des joueurs, on se souciait peu de ces querelles partisanes. L’équipe de France prépara donc ce match de façon légère, pensant essentiellement à s’accorder du bon temps. « Ce genre de match serait inimaginable aujourd’hui, raconte Elie Ester, le deuxième ligne de XV de France (…) L’équipe de France s’y était rendue la fleur au fusil. Je me souviens de l’expédition. Nous étions partis de Toulouse à quatre dans la voiture d’André Abadie avec Cabanier, Salut et moi. Nous avions fait une halte pour le petit déjeuner à la ferme de Walter Spanghero, à Bram, ensuite, nous avons déjeuné dans un restaurant du Pont du Gard. Nous sommes arrivés à l’hôtel de Bordeaux à Grenoble en fin d’après-midi ; aucun dirigeant fédéral pour nous accueillir. Aussi nous avons poursuivi notre virée gastronomique. Cette fois, c’est Benoît Dauga qui a composé le menu. Ça s’est terminé très tard, Place Grenette. Le dimanche, personne ne mettait un pied devant l’autre et l’équipe du Sud-Est a battu l’équipe de France. »

Walter Spanghero partage le même sentiment : « On est là-bas en touristes et on est tombés sur une équipe très motivée. Une équipe avec une structure très régionale avec les Cambé qui avaient quelque chose à prouver puisqu’ils étaient depuis très longtemps dans l’antichambre de l’équipe de France (…) Avec un peu de réussite, c’est eux qui ont fait basculer le match. »

« Ce match à Grenoble a permis aux frères Cambé de prendre le dessus sur le jeu que pratiquait Jean Gachassin »

Il poursuit : « Ce match à Grenoble a permis aux frères Cambé de prendre le dessus sur le jeu que pratiquait Jean Gachassin. Mais ce n’est ni un conflit de génération, ni un conflit de joueurs. Si on n’avait pas retouché l’équipe de France, si on avait gardé les mêmes joueurs que le match précédent, on aurait peut-être fait le Grand Chelem. »

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