France 1968 – Une 3ème mi-temps mémorable

[6/6] LE BANQUET D’APRES-MATCH EXPEDIE, LES FRANÇAIS REGAGNENT PARIS OU ILS VONT CELEBRER COMME IL SE DOIT LEUR PREMIER GRAND CHELEM. SANS AUCUNE MODERATION.


« Avant ça, on a été bien meilleurs dans le jeu, on dominait mieux le match, confesse Spanghero. On n’a jamais réalisé un match plein. On gagnait, ça passait. On avait envie de gagner mais il n’y avait pas de jeu construit. (…) J’ai connu des quinze bien meilleurs que celui-là, comportant des noms plus prestigieux, mais, lors des quatre matchs, nous avons été au top et eu le petit brun de chance qui suffit pour passer. »

« Il y avait de grands joueurs mais cette équipe de France n’avait pas de jeu »

Le jugement de Jean Trillo est bien plus sévère : « Il n’y avait rien. C’était nul. Attention ! Il y avait de grands joueurs : Spanghero, Carrère… Mais ce n’était pas ça. Il y avait les Cambé… Je ne peux pas dire que c’était nul par rapport à ça. eulement, l’équipe de France n’avait pas de jeu. On était arrivés à jouer un peu mieux après. »

Mais pour les joueurs, après cette dernière levée victorieuse, l’heure était à la fête, ce qu’il savait peut-être faire de mieux. Une fête qui devait se prolonger jusqu’au lundi matin. « Après la victoire, reconnaît Elie Cester, nous sommes restés un jour supplémentaire à Paris pour fêter l’événement entre nous ». Le coup d’envoi des festivités eut lieu le samedi soir, une fois les obligations respectées, à l’hôtel de Porthcawl où les Français avaient leurs habitudes. Elles se poursuivirent le lendemain soir à Paris jusqu’au lundi matin, voir même jusqu’au lundi soir pour Christian Carrère qui fut accueilli très chaleureusement pour son retour à Toulon.

« On n’était pas sous EPO mais sous AEP,  » apéritif en permanence  » »

A Paris, les joueurs français se rendirent immédiatement à Saint-Germain-des-Près où ils avaient leurs habitudes depuis quelques années à l’initiative des frères Boniface et des Dauga. « On était invité partout, se souvient Christian Carrère. Si on avait voulu, on aurait pu rester une semaine ». Rue Princesse, c’était du délire, notamment au Sunny Site un établissement devant lequel les passants s’arrêtaient pour voir ou apercevoir les héros du Grand Chelem.

« On n’était pas sous EPO mais sous AEP,  » apéritif en permanence  » » se souvient Michel Yachvili.  « On était des gamins, ajoute Walter Spanghero. On a passé un jour et une nuit dans Saint-Germain à faire les cons dans un état second. On n’était pas conscient de la portée de l’exploit. A l’époque, on gagnait, tant mieux, on perdait, tant pis. » Lundi, au petit matin, alors qu’ils n’avaient pas dormi depuis deux jours, les Chelemards quittèrent Saint-Germain pour les Halles et le pied de cochon. C’est Tony, le patron du Sunny Sude qui emmena Elie Cester : « A la concorde, un feu rouge s’est un peu éternisé, raconte ce dernier. Et on s’est endormi. » Fin des festivités.

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