France-Angleterre 1972 : les fous du stade

DEUX EQUIPES QUI ENCHAINENT LES DEFAITES ET UN STADE EN DECREPITUDE : CE MATCH AVAIT TOUT POUR TOMBER DANS LES OUBLIETTES DU JEU. C’ETAIT SANS COMPTER SUR L’ESPRIT REVANCHARD DE QUINZE FRANÇAIS INSPIRES COMME JAMAIS PAR LE FRENCH FLAIR.

« Rarement un génie offensif, unanimement reconnu au rugby français, ne fut et ne sera accompli » écrit Henri Garcia. Jacques Goddet est encore plus élogieux dans son compte rendu de match : « ce fut un éblouissement continu durant les 80 minutes de fête. Le mot « jeu » prenait sa pleine signification par la joie de l’action, sa cadence euphorique, le caractère primesautier des mouvements, l’invention sans cesse renouvelée des opérations et surtout, surtout, la généreuse contribution de toute la collectivité. »

« Ce fut un éblouissement continu durant les 80 minutes de fête »

Le XV de France n’était pourtant pas bien fringuant en ce début d’année 1972. Battu en Ecosse pour l’ouverture du Tournoi (9-20), il avait ensuite subi la loi des Irlandais à Paris (9-14), une défaite qui fut perçus par bien des observateurs comme l’échec de la greffe biterroise. L’Angleterre, doublement battue à Twickenham par le Pays de Galles (3-12) et l’Irlande (12-16), n’était guère plus vaillante.

Mais ce n’était pas le souci du comité de sélection français. Ce qui importait aux sélectionneurs, c’était évidemment de renouer avec la victoire et de sortir dignement de Colombes puisque c’était la dernière fois que le XV de France s’y produirait. L’année suivante, il investirait le Parc des Princes, alors en cours de rénovation.

« Deux défaites de rang ne sauraient aller en France sans un des ces grands chambardements qui, en fouettant les énergies, agissent comme un remède miracle » écrit Henri Garcia. Par rapport au match contre l’Irlande, Seuls Villepreux, Lux, Bérot, Estève et Benesis conservaient leur place. Logiquement, il y eut 10 changements dans le XV de départ : Duprat pour Bertranne, Maso pour Dourthe, Sillières pour Cantoni, Barrau pour Astre, Biémouret pour Saïsset, C. Spanghero pour Dauga, Azarete pour Martin, Iraçabal pour Vaquerin.

« Walter, on attaque dès la sortie du tunnel »

Mais le changement le plus marquant concernait le retour en grandes pompes de Walter Spanghero. Ecarté depuis le 1er test contre les Boks en juin 1971, il revenait en sélection à la place de Buonomo avec la charge du capitanat. Comme la plupart des revenants, il était animé d’un esprit de revanche. Henri Garcia rapporte ainsi que dans le vestiaire, il aurait lancé à ses joueurs : « on va attaquer à toute berzingue ». « Walter, lui répondit Villepreux, on attaque dès la sortie du tunnel ».

En début de match, les ambitions françaises furent un peu contrariées par un pack anglais solide comme à son habitude. Mais les trois-quarts français, emmenés par le trio Berot-Lux-Maso dont les sélectionneurs avaient minimisé l’impact sur l’animation offfensive française, prirent rapidement les choses en main. Au final, les Français franchirent la ligne d’en-but anglaise à six reprises et l’emportèrent 37-12, un score qui fait rêver quand on sait que l’essai était encore à trois points. Colombes était ravi : le XV de France lui avait offert l’un de ses plus beaux récitals pour sa « der ».

 

SOURCES

  • Henri Garcia, « la légende du Tournoi » : Minerva, 2005
  • Jacques Goddet, « 14 juillet en ovalie ! » : L’équipe, 28 février 1972
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